La scène politique guinéenne est en ébullition. Le ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Ibrahima Kalil Condé, a annoncé vendredi 22 août la suspension pour 90 jours de trois formations politiques majeures : l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) de l’ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo, le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) de l’ex-président Alpha Condé, et le Parti du renouveau et du progrès (PRP) de Rafiou Sow.

Une décision à moins d’un mois du référendum constitutionnel

Officiellement, le gouvernement reproche à ces partis de ne pas respecter les obligations de conformité prévues par la charte des partis politiques. Mais l’annonce intervient à un moment sensible, à moins d’un mois du référendum constitutionnel prévu le 21 septembre, ce qui renforce les soupçons d’une manœuvre politique.

L’opposition dénonce une décision « arbitraire »

Pour les opposants à la junte, la sanction touche le cœur même de la vie politique guinéenne. Deux des formations suspendues, l’UFDG et le RPG, comptent parmi les principales forces du pays.

« La suspension de ces partis n’est pas fortuite, surtout dans le cas de l’UFDG, l’un des mieux structurés de Guinée. C’est une décision injuste et arbitraire », a réagi le Dr Édouard Zotomou Kpogomou, allié politique de Cellou Dalein Diallo.

Silence du RPG, inquiétudes croissantes

Du côté du RPG, déjà suspendu une première fois en mars, un responsable contacté a préféré ne pas commenter la décision. Mais pour de nombreux acteurs politiques et de la société civile, cette mesure illustre la volonté de la junte de réduire au silence les voix dissidentes, alors que la pression monte en faveur d’un retour à l’ordre constitutionnel et du retrait des militaires de la sphère politique.

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