Près d’une semaine après les assauts des combattants du GSIM contre Farabougou et plusieurs positions militaires autour de Ségou, dans le centre du Mali, les populations fuient massivement leurs villages incendiés et laissés sans protection par l’armée.

Des villages vidés par la peur

Depuis l’attaque du 19 août, les djihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) contrôlent plusieurs localités autour de Ségou, à 300 km au nord de Bamako. À Farabougou, totalement incendiée, les civils ont pris la route à pied ou sur des charrettes surchargées, abandonnant maisons et récoltes.

Un rescapé témoigne :« Ils ont fait sortir les femmes et les enfants, puis ils ont tué les hommes avant d’incendier tout le village. Nous n’avons même pas pu enterrer les morts », confie-t-il. Sa famille a trouvé refuge à Dogofry, où la mairie et les habitants tentent tant bien que mal d’accueillir les déplacés.

Des djihadistes maîtres de la zone

Profitant de l’absence de réaction de l’armée malienne, les assaillants paradent dans les localités conquises, exhibant le matériel militaire récupéré et se livrant à des exactions contre soldats et civils. La junte au pouvoir est critiquée pour n’avoir pas tenté de reprendre rapidement les positions abandonnées.

L’inquiétude des élus et le spectre du passé

Cette situation ravive de douloureux souvenirs. Il y a cinq ans, Farabougou avait déjà subi un blocus djihadiste, levé uniquement grâce à la médiation de religieux maliens. Aujourd’hui, les élus locaux craignent que l’histoire ne se répète et appellent à une opération militaire urgente pour rassurer et protéger les populations.

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