Le ministre sénégalais des Forces armées, Birame Diop, a souligné ce mardi à Dakar l’urgence de réévaluer l’Architecture de sécurité maritime du Golfe de Guinée, adoptée il y a plus de dix ans. Face à un environnement maritime devenu « plus complexe et interconnecté », le ministre estime indispensable d’adapter le dispositif aux nouvelles menaces régionales et atlantiques.
Il s’exprimait lors de l’ouverture officielle de la 6ᵉ édition du Symposium des chefs d’État-major de marines et des commandants de garde-côtes, qu’il a co-présidé aux côtés de la vice-présidente de la Commission de la CEDEAO, Damtien Tchintchibidja.
Une architecture arrivée à “une nouvelle phase de maturation”
« L’Architecture de sécurité maritime, mise en place il y a plus d’une décennie, atteint aujourd’hui une nouvelle phase de maturation, nécessitant une évaluation commune des progrès réalisés et une adaptation stratégique », a déclaré le Général Diop.
L’ancien chef d’État-major général des Armées a réaffirmé la volonté politique de faire du Golfe de Guinée un espace stable et sécurisé, indispensable au développement économique régional.
Il a insisté sur une vérité désormais incontournable :
« Aucun État ne peut agir seul. Ce symposium constitue un acte de foi en la coopération régionale et internationale et un engagement renouvelé pour une sécurité maritime collective. »
Un enjeu atlantique : piraterie, trafic de drogue et pêche illicite
Le thème retenu pour l’édition 2025 — « Coopération entre le Golfe de Guinée et les nations de l’espace atlantique : développement de synergies pour la sécurité et la prospérité » — marque une extension stratégique nécessaire.
Selon Birame Diop, les menaces ne s’arrêtent plus aux frontières du Golfe :
- multiplication des actes de piraterie,
- intensification du trafic de cocaïne,
- expansion de la pêche INN (illicite, non déclarée, non réglementée).
Pour y faire face, il préconise une analyse atlantique des risques, une meilleure interopérabilité entre marines et une harmonisation des stratégies nationales.
Mettre fin aux approches cloisonnées
Le Contre-amiral Abdou Sène, chef d’état-major de la Marine sénégalaise, a rappelé que le symposium sert à orienter les politiques publiques en matière de sécurité maritime et à dépasser les réponses fragmentées.
Une exposition parallèle réunit 16 organismes maritimes et industriels, présentant les dernières innovations navales et technologies de surveillance maritime.
Un impératif économique et stratégique majeur
De son côté, Damtien Tchintchibidja a insisté sur l’importance de renforcer l’Architecture régionale et de mutualiser les ressources, face à des menaces en constante évolution.
Elle a souligné la valeur stratégique du Golfe de Guinée :
- 70 % de la production pétrolière africaine,
- près de 10 % du commerce maritime mondial transitent par cette zone.
« Cette richesse stratégique impose une sécurisation renforcée, devenue un impératif économique, politique et social », a-t-elle conclu.
