Le comité de pilotage du Plan Diomaye pour la Casamance s’est réuni pour évaluer les réalisations des troisièmes et quatrièmes trimestres de 2025. Sous la présidence du gouverneur de Ziguinchor, Mor Talla Tine, les membres ont annoncé un taux d’exécution de 46 %, soit 13 points de plus que lors de la précédente évaluation. Un progrès jugé encourageant, même si des obstacles majeurs demeurent.
Un bilan en progression grâce aux efforts conjoints des acteurs
Selon le gouverneur, le comité a passé en revue l’ensemble des activités menées en 2025 et constaté une dynamique positive.
Il souligne :
« Nous sommes satisfaits, car nous avons atteint 46 % d’exécution, un bond significatif par rapport à notre dernière rencontre. »
Cette progression s’explique notamment par une vaste campagne de régularisation à l’état civil, essentielle pour la réparation et la réinsertion socioéconomique des ex-combattants du MFDC.
Régularisation à l’état civil : une avancée majeure
Dans le département d’Oussouye, les autorités ont délivré plus de 3 700 jugements de naissance grâce aux audiences foraines organisées avec l’appui du secteur judiciaire.
Mor Talla Tine rappelle que cette démarche répond à une préoccupation ancienne :
« Les audiences foraines se tiennent désormais régulièrement et gratuitement, permettant aux populations d’obtenir enfin leurs documents d’état civil. »
Des défis toujours lourds malgré les progrès
Cependant, plusieurs enjeux restent non résolus.
Le comité a ainsi demandé la prorogation du plan sur 2026 et 2027, car :
- des villages attendent toujours leur retour ;
- le déminage avance trop lentement ;
- des zones agricoles restent inutilisables à cause des engins explosifs.
Pour accélérer le processus, deux nouvelles machines digueurs ont été acquises. Malgré cela, le gouverneur signale des difficultés dans la collaboration entre le CNAMS et les opérateurs de déminage.
L’absence du CNAMS qui interpelle
Les membres du comité ont regretté l’absence du CNAMS lors de la réunion.
Selon eux, sa présence aurait permis d’identifier plus clairement les obstacles techniques et logistiques freinent le déminage.
Désenclavement et services sociaux : des urgences à traiter
Les participants ont également insisté sur le désenclavement de plusieurs localités comme Santhiaba Manjack ou Madiédiame, un frein majeur au retour durable des populations déplacées.
Ils appellent l’État à renforcer les investissements dans :
- les routes et infrastructures de mobilité,
- les établissements scolaires,
- les postes de santé,
- les points d’eau.
