À l’attention de Monsieur le Ministre de l’Intérieur, Maître Bamba Cissé
Dans un contexte où les attentes citoyennes en matière de gouvernance, de sécurité et de respect des droits humains sont de plus en plus fortes, la modernisation des forces de défense et de sécurité (FDS) constitue un impératif stratégique. Parmi les réformes structurantes à envisager figure l’introduction des caméras-piétons intégrées aux tenues des agents en service, un outil désormais utilisé dans de nombreux pays pour renforcer la transparence, lutter contre la corruption et prévenir les abus, tout en protégeant les agents eux-mêmes.
Un outil moderne contre la corruption et les abus
Les caméras-piétons permettent d’enregistrer les interactions entre les forces de sécurité et les citoyens lors des contrôles routiers, interpellations, patrouilles ou opérations de maintien de l’ordre. La simple présence visible de ces dispositifs a un effet dissuasif : elle réduit significativement les tentatives de corruption, les comportements abusifs, mais aussi les fausses accusations contre les agents.
Dans plusieurs pays africains, européens et nord-américains, ces dispositifs ont contribué à une baisse notable des plaintes contre les forces de l’ordre, tout en améliorant la qualité du service rendu au public.
Les caméras permettent également de mieux analyser les situations ayant conduit à des accidents, des bavures ou des affrontements. Elles offrent une traçabilité des événements, facilitant les enquêtes administratives et judiciaires, et permettent d’identifier les failles dans les procédures opérationnelles. À terme, cela améliore la formation des agents et renforce le professionnalisme des unités.
Pour garantir l’efficacité et la crédibilité du système, un mécanisme rigoureux peut être mis en place autour de quatre piliers :
Chaque agent en service (police, gendarmerie, douanes, sécurité routière, etc.) serait doté d’une caméra-piéton fixée à la poitrine ou à l’épaule.
La caméra s’active automatiquement :
- Lors des contrôles de véhicules,
- lors des interpellations,
- Lors des opérations de maintien de l’ordre,
- Ou manuellement par l’agent en cas de situation sensible.
Les images seraient automatiquement transférées, en fin de service, vers un serveur central sécurisé sous la tutelle du ministère de l’Intérieur.
Les agents ne pourraient ni supprimer ni modifier les enregistrements, ce qui garantit l’intégrité des preuves.
L’accès aux images serait strictement limité :
- Aux inspections générales (police, gendarmerie),
- À la justice en cas d’enquête,
- Et à une autorité indépendante de contrôle.
Une loi ou un décret spécifique devrait encadrer la protection de la vie privée, la durée de conservation des images (par exemple 30 à 90 jours) et les conditions d’exploitation des données.
Tout agent qui désactive volontairement sa caméra sans motif valable, ou qui tente de falsifier un enregistrement, s’exposerait à des sanctions disciplinaires sévères.
À l’inverse, les enregistrements pourront servir à récompenser les agents exemplaires et à valoriser le professionnalisme des forces de sécurité.
Un gain pour l’État, les citoyens et les forces de l’ordre
Pour l’État, c’est un moyen puissant de renforcer la crédibilité des institutions.
Pour les citoyens, c’est une garantie de justice, de transparence et de respect des droits.
Pour les forces de défense et de sécurité, c’est une protection contre les accusations injustes et un outil d’amélioration continue de leur travail.
Doter nos forces de défense et de sécurité de caméras-piétons n’est pas un luxe, mais une réforme structurante pour un État moderne, juste et respecté. C’est un investissement stratégique pour la paix sociale, la confiance entre la population et les forces de l’ordre, et la consolidation de l’État de droit.
de soukeyna Diacko
