Face à l’intensification de la répression des manifestations en Iran, la France a convoqué l’ambassadeur iranien à Paris. Plusieurs pays européens emboîtent le pas, tandis que l’Union européenne et les États-Unis haussent le ton contre les violences imputées au régime de Téhéran.

Paris hausse le ton contre Téhéran

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé mardi avoir convoqué l’ambassadeur d’Iran en France afin de protester contre ce qu’il a qualifié de « recours débridé à la violence d’État contre des manifestants pacifiques ».

S’exprimant devant les députés à l’Assemblée nationale, le chef de la diplomatie française a indiqué avoir transmis cette condamnation directement à son homologue iranien.
« Elle sera également réitérée à l’ambassadeur d’Iran en France, que j’ai convoqué aujourd’hui au Quai d’Orsay », a-t-il précisé.

Jean-Noël Barrot a averti que la France n’entendait pas en rester là. « Il ne saurait y avoir d’impunité pour ceux qui retournent leurs armes contre des manifestants pacifiques », a-t-il insisté.

Macron et l’Union européenne durcissent le discours

La veille, le président Emmanuel Macron avait déjà exprimé une condamnation ferme des violences commises par les autorités iraniennes.
Dans le même temps, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé que l’Union européenne proposerait « rapidement » de nouvelles sanctions visant les responsables de la répression.

Ces prises de position interviennent alors que les manifestations, réclamant la fin du régime clérical au pouvoir depuis 1979, se poursuivent à travers le pays malgré une répression qualifiée de féroce par les ONG.

Royaume-Uni et pays nordiques convoquent à leur tour

À Londres, le gouvernement britannique a également convoqué l’ambassadeur iranien. La ministre des Affaires étrangères, Yvette Cooper, a déclaré vouloir obtenir des explications sur les « informations horribles » en provenance d’Iran.

« Les reportages que nous avons vus pourraient sous-estimer l’ampleur réelle de l’horreur », a-t-elle averti devant le Parlement, évoquant l’arrivée progressive de nouveaux témoignages malgré les restrictions de communication.

La Finlande et le Danemark ont également convoqué des représentants iraniens. La ministre finlandaise des Affaires étrangères, Elina Valtonen, a dénoncé sur le réseau social X une stratégie visant à « tuer et opprimer en silence » par la coupure d’Internet.

Internet coupé et bilan humain alarmant

Selon l’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, la répression des manifestations aurait fait au moins 648 morts. L’organisation estime toutefois que le bilan réel pourrait être bien plus lourd, évoquant des chiffres pouvant dépasser 6 000 victimes.

Les autorités iraniennes ont imposé une coupure quasi totale d’Internet depuis plus de 108 heures, une mesure que les militants considèrent comme destinée à dissimuler l’ampleur de la répression.

Washington appelle à poursuivre la mobilisation

Aux États-Unis, le président Donald Trump a également réagi mardi, appelant les Iraniens à poursuivre les manifestations, à prendre le contrôle des institutions et à identifier les responsables des violences.

Une déclaration qui accentue encore la pression internationale sur Téhéran, alors que la contestation populaire et la répression continuent de s’intensifier.

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