À Marsassoum, dans la région de Sédhiou, une affaire de falsification massive de documents d’état civil éclabousse l’administration locale. Une enquête a mis au jour un système de corruption organisé, avec des extraits de naissance vendus à 30 000 F CFA.

Une enquête déclenchée à Dakar

D’abord, l’affaire éclate en novembre dernier à Dakar. La Direction de l’automatisation des fichiers interpelle N. A. Mendes, ressortissante bissau-guinéenne. Elle tentait alors d’obtenir une carte nationale d’identité sénégalaise à l’aide d’un extrait de naissance frauduleux.

Face aux enquêteurs, elle avoue. Ces révélations permettent à la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants de remonter une filière structurée reliant Dakar, Ziguinchor et Marsassoum, rapporte L’Observateur dans son édition du vendredi 23 janvier.

Un système de vente bien organisé

Ensuite, l’enquête établit un mode opératoire précis. Chaque faux extrait de naissance se vendait à 30 000 F CFA. Les acteurs se partageaient ensuite les gains.

Selon les éléments recueillis, le fabricant du document percevait 15 000 F CFA. Le reliquat revenait aux intermédiaires, parmi lesquels figurent un agent de sécurité de proximité affecté aux Eaux et Forêts, un comptable matière du lycée de Marsassoum, M. Sané, ainsi qu’un membre de la famille Mendes.

L’implication du service d’état civil

Au cœur du dispositif, M. Sylla, dite Ndioma Sylla, responsable du centre d’état civil, reconnaît les faits. Elle admet avoir exploité d’anciens registres comportant des pages vierges. Elle y inscrivait de nouvelles identités afin de donner une apparence légale aux extraits délivrés frauduleusement.

Des poursuites judiciaires engagées

Par ailleurs, les enquêteurs saisissent plusieurs registres d’état civil, désormais placés sous scellés. Les quatre suspects ont été placés en garde à vue pour faux et usage de faux, complicité, obtention indue de documents d’identité et association de malfaiteurs.

Enfin, tandis que les investigations se poursuivent pour mesurer l’ampleur réelle du trafic, le dossier doit être transmis ce jour au procureur de la République près le tribunal de grande instance de Sédhiou, selon le quotidien du Groupe Futurs Médias.

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