Le fils du président revendique 30 morts et 2 000 arrestations

Le fils du président ougandais, chef de l’armée, a annoncé vendredi sur X que ses forces avaient tué 30 membres de la NUP, le parti de l’opposant Bobi Wine. Il a ajouté que ses soldats avaient arrêté plus de 2 000 partisans que Bobi Wine pensait mobiliser. Connu pour ses publications incendiaires sur les réseaux sociaux, il ne cache pas son ambition de succéder à son père. En début de semaine, il a brisé son silence et a demandé la mort de Bobi Wine.

Museveni remporte un septième mandat controversé

La commission électorale ougandaise a déclaré Yoweri Museveni vainqueur d’un septième mandat présidentiel consécutif. Bobi Wine, principal adversaire de 43 ans et ancien chanteur de raggamuffin, a fui son domicile après un raid des forces de sécurité et a dénoncé des résultats « truqués ». Les observateurs et ONG ont critiqué la commission pour le blocage d’internet et la répression de l’opposition.

La communauté internationale s’inquiète

L’Union européenne a exprimé son inquiétude, dénonçant « les violences et menaces pré- et post-électorales, notamment contre Robert Kyagulanyi ». Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a déclaré suivre avec préoccupation les arrestations, détentions et incidents violents impliquant l’opposition et ses partisans.

Un expert souligne une répression systématique

Un analyste politique, sous couvert d’anonymat, a estimé que le nombre de morts pourrait être encore plus élevé. Selon lui, la répression se répète à chaque élection depuis l’adoption de la Constitution en 1995 et s’intensifie à chaque scrutin. « En Ouganda, les élections ressemblent à une opération militaire plutôt qu’à une activité civique classique », note-t-il.

L’expert a critiqué la communauté internationale, affirmant que certains partenaires européens avaient cessé de freiner les excès du régime. « Le gouvernement ougandais sait que ces pays privilégient leurs intérêts économiques, donc il peut réprimer sans que personne ne l’empêche », ajoute-t-il.

Arrestation d’un député et poursuites contre des manifestants

La police ougandaise a arrêté le député de la NUP, Muwanga Kivumbi, après qu’il a affirmé que l’armée avait tué 10 de ses partisans à Butambala lors de la nuit électorale. Les forces de l’ordre ont justifié son arrestation par les récents incidents de violence politique.

Un avocat de l’opposition, Erias Lukwago, a précisé que la police avait arrêté plus de 600 manifestants qui contestaient la victoire de Museveni. Il a ajouté que certains détenus avaient été appréhendés à domicile et incarcérés avant de comparaître devant un tribunal pour des accusations qu’ils ignoraient.

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