La scène s’est déroulée dans un silence presque irréel.
Un silence lourd, chargé de prières, de sanglots étouffés et de douleur partagée.

Lors de la levée du corps de l’actrice Halima Gadji, à la morgue de l’hôpital Idrissa Pouye, le temps semblait suspendu. Au milieu de la foule endeuillée, une silhouette frêle avançait lentement. C’était Anne Rabiya, l’unique fille de la défunte.

Les yeux noyés de larmes, le visage marqué par un chagrin immense, la jeune fille progressait à pas hésitants. Elle semblait guidée par une force intérieure plus forte que la douleur. Vêtue d’une tunique marron parsemée de petites taches noires, elle répétait, la voix brisée :
« Je veux voir maman une dernière fois. »

Cette phrase, simple mais déchirante, a traversé l’assistance comme un choc. Autour d’elle, des proches tentaient de la retenir, de la préserver de cette ultime épreuve. Ils cherchaient à amortir le coup, à l’éloigner de l’image définitive. Mais rien n’y faisait.

Anne Rabiya avançait, portée par un besoin irrépressible de dire adieu. Ses gestes tremblants, ses sanglots incontrôlés racontaient l’effondrement d’un monde. Celui d’une enfant confrontée, trop tôt, à l’absence irrévocable de sa mère.

Dans cette marche fragile vers la morgue, chaque pas rappelait l’injustice d’une disparition prématurée. Chaque larme soulignait la violence du deuil lorsqu’il frappe les plus jeunes.

Autour d’elle, la foule retenait son souffle. Certains détournaient le regard, incapables de soutenir une telle douleur. D’autres pleuraient ouvertement, conscients d’assister à un moment d’une rare intensité humaine. Les murmures de compassion et les invocations se mêlaient, sans parvenir à apaiser la souffrance visible sur le visage de la jeune fille.

Ce moment restera gravé dans les mémoires.
Celui d’un adieu impossible.
Celui d’un amour filial face à l’irréparable.

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