Réunis ce samedi 31 janvier 2026 à Sébikhotane, dans le département de Rufisque, les membres du Collectif des impactés du Train Express Régional (TER) ont dénoncé le non-respect des engagements de l’État. Ils menacent d’intensifier la lutte, allant jusqu’à évoquer une perturbation des Jeux olympiques de la Jeunesse (JOJ), si leurs doléances restent sans suite.

Une forte mobilisation à Sébikhotane

Le Collectif des impactés du Train Express Régional (TER) a organisé une grande mobilisation ce samedi à Sébikhotane, point névralgique du projet ferroviaire. La rencontre s’est tenue en présence du député Guy Marius Sagna, du fondateur d’AfrikaJom Center Alioune Tine, ainsi que d’Ahmet Ndoye.

À travers ce rassemblement, les populations impactées ont exprimé leur ras-le-bol face au non-respect des engagements pris par les autorités depuis le démarrage du projet.

Menace de perturber les Jeux olympiques de la Jeunesse

Le collectif hausse le ton et brandit désormais la menace de perturber les Jeux olympiques de la Jeunesse, prévus au Sénégal, si la question des indemnités n’est pas réglée rapidement.

« Cette mobilisation n’est qu’une ouverture. Si les autorités ne veulent pas qu’on ternisse l’image du Sénégal aux prochains Jeux olympiques, elles n’ont qu’à régler ce problème. Nous allons bientôt organiser une série de manifestations, marches et sit-in », a averti Macodou Fall, président du Collectif des impactés du TER.

Près de dix ans de promesses non tenues

Coordonnateur des impactés du TER à Sébikhotane, Hamidou Diarra est revenu sur la longueur du combat. Selon lui, les populations affectées courent derrière des promesses non tenues depuis près d’une décennie.

« Cela fait presque dix ans que nous luttons pour la première phase et cinq à six ans pour la deuxième phase. Aujourd’hui, la deuxième phase du tronçon Diamniadio–AIBD va bientôt démarrer, c’est pourquoi nous alertons l’autorité afin qu’elle règle enfin les doléances que nous traînons depuis des années », a-t-il expliqué.

Le collectif dénonce le mutisme du gouvernement

Hamidou Diarra a également dénoncé le silence des autorités. Il affirme que malgré plusieurs rencontres avec le directeur général de l’Apix, les engagements pris ne se traduisent pas en actes.

« Depuis près de deux ans, nous avons multiplié les rencontres avec le nouveau DG de l’Apix. Ils prennent des engagements qu’ils ne respectent pas. Parfois, nous adressons des courriers sans aucun retour, ce qui nous plonge davantage dans la précarité », a-t-il déploré.

Une longue liste de revendications

Le collectif réclame notamment :

  • l’érection d’une gare et de passerelles à Sébikhotane ;
  • le paiement des pertes de revenus locatifs ;
  • l’indemnisation des titres fonciers globaux et individuels ;
  • le relogement des détenteurs de terrains nus ;
  • l’octroi de surfaces aux Paps agricoles et leur accompagnement ;
  • le paiement des primes de vulnérabilité et d’accompagnement social ;
  • l’accélération des travaux sur les sites de recasement de Lac Rose et de Yéba ;
  • la délivrance des titres de propriété.

Le soutien du député Guy Marius Sagna

Prenant la parole, le député Guy Marius Sagna a apporté son soutien au collectif. Il a qualifié leur combat de « juste » et de « légitime ».

« Je suis là pour vous apporter ma solidarité. Votre combat est juste. L’État doit vous indemniser. Même si d’autres dirigeants étaient au pouvoir au début, l’État est une continuité. Il revient aux nouvelles autorités de régler cette situation », a-t-il déclaré, promettant d’interpeller le gouvernement.

Près de 3 000 ménages impactés

Selon les chiffres avancés par le collectif, près de 3 000 ménages ont été impactés par le projet du TER. Plusieurs témoignages font état de conséquences sociales lourdes.

« J’ai été emprisonnée à cause du TER. Je ne faisais que réclamer ce qui m’était dû, car ils avaient pris ma maison », a témoigné Awa Ndiaye, membre du collectif.

Un autre impacté affirme avoir été accusé à tort par sa propre famille. « Ils ont cru que l’Apix nous avait indemnisés et que j’avais détourné l’argent, alors que je n’ai jamais reçu un franc », a-t-il déclaré.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *