Révolution du Fouta Toro, Thierno Souleymane Baal, gouvernance, souveraineté, XVIIIᵉ siècle

Le Sénégal s’apprête à commémorer un événement majeur de son histoire politique et intellectuelle : le 250ᵉ anniversaire de la Révolution du Fouta Toro.
Cette transition politique et sociale du XVIIIᵉ siècle, portée par Thierno Souleymane Baal, sera célébrée tout au long de l’année 2026.
Le comité de pilotage entend redonner toute sa place à cet héritage africain, dans une démarche à la fois scientifique, mémorielle et panafricaine.

Une commémoration à dimension panafricaine

L’événement se déroulera sur toute l’année 2026.
Il mobilisera la diaspora africaine ainsi que plusieurs pays de la sous-région, notamment le Mali, la Guinée et la Mauritanie.

Les organisateurs veulent faire de cette commémoration un espace de dialogue continental autour des idées de liberté, de souveraineté et de gouvernance.

Inscrire Thierno Souleymane Baal dans l’espace public

Parmi les temps forts annoncés figure l’érection de stèles commémoratives dédiées aux grandes figures de la Révolution du Fouta Toro.
Des extraits de la pensée politique et morale de Thierno Souleymane Baal seront gravés dans la pierre basaltique.

Ces monuments visent à inscrire durablement cet héritage intellectuel dans l’espace public, afin de le rendre accessible aux élèves, étudiants et chercheurs.

Une révolution africaine avant les modèles occidentaux

Le cadre scientifique de la commémoration met en lumière une réalité historique souvent méconnue.
La Révolution du Fouta Toro, amorcée entre 1769 et 1776, précède la Révolution française de 1789.
Elle s’inscrit également dans la même période que l’indépendance américaine de 1776.

Le thème retenu, « État moderne, gouvernance vertueuse, liberté et souveraineté : héritage d’une révolution africaine majeure », souligne cette antériorité.

Des concepts politiques avancés dès le XVIIIᵉ siècle

Selon le professeur Mamadou Youri Sall, cette révolution démontre la capacité des sociétés africaines à formuler, dès le XVIIIᵉ siècle, des concepts élaborés de souveraineté populaire, de justice sociale et de responsabilité politique.

Elle déconstruit l’idée selon laquelle ces notions seraient exclusivement issues de l’histoire politique occidentale.

L’Almamat du Fouta Toro, un État durable

La Révolution du Fouta Toro a donné naissance à l’Almamat, un État structuré qui a duré 114 ans.
Ce système reposait sur une gouvernance élective et non dynastique.

Trente-quatre Almamys s’y sont succédé, illustrant une pratique ancienne de l’alternance et du pouvoir partagé.

Une expérience reconnue au-delà de l’Afrique

« Cette expérience a influencé d’autres modèles politiques dans la région », souligne un historien.
Elle a également été documentée par des sources européennes contemporaines, attestant de sa portée internationale.

Une année de valorisation scientifique et culturelle

En 2026, colloques internationaux, expositions, spectacles et symposiums universitaires rythmeront la commémoration.
Les initiateurs veulent rappeler que l’Afrique n’a pas seulement subi l’histoire.

Elle a produit des idées, des institutions et des modèles politiques qui continuent d’éclairer les débats contemporains sur la gouvernance et la souveraineté.

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