Le climat se tend dans le secteur énergétique sénégalais. En cause : le recouvrement de la redevance due à la Commission de régulation du secteur de l’énergie (Crse). Face au refus des sociétés pétrolières de payer la taxe de 0,2 FCFA par litre, l’État durcit le ton et brandit l’arme des saisies bancaires.

L’État passe à l’offensive

Le gouvernement a décidé d’accélérer le recouvrement de la redevance Crse.
Par l’intermédiaire de la Commission de régulation, l’administration a commencé à adresser des mises en demeure aux sociétés pétrolières.

Mais la pression ne s’arrête pas là.

Selon Ameth Guissé, président de l’Association Sénégalaise des Pétroliers (ASP) et directeur général de MAACK Petroleum, l’État s’apprête à aller plus loin.

Menace de saisie des comptes bancaires

D’après L’Observateur, l’administration envisage l’émission d’Avis à Tiers Détenteur (ATD).
Cette procédure permettrait de bloquer directement les comptes bancaires des distributeurs de produits pétroliers.

Une perspective qui inquiète fortement les acteurs du secteur.

Les pétroliers dénoncent une asphyxie économique

Ameth Guissé monte au créneau.
Il accuse l’État d’user de sa « force régalienne » dans un environnement déjà contraint.

« Les prix sont encadrés et les marges extrêmement faibles. C’est une volonté manifeste d’asphyxier toute une industrie », dénonce-t-il.

Pas un refus de la taxe, mais de son application

Les pétroliers ne rejettent pas le principe de la redevance.
Ils contestent plutôt son mode d’intégration dans le système actuel.

Selon l’ASP, la taxe est appliquée sans tenir compte de la réalité économique du secteur.

Deux solutions proposées par les distributeurs

Pour sortir de l’impasse, les pétroliers avancent deux options :

  • Intégrer la redevance dans la structure des prix, afin qu’elle soit officiellement répercutée et n’érode pas des marges déjà fragiles.
  • L’intégrer au PPI (Prix du pétrole importé), à l’image du fonds de soutien FSIPP, afin de simplifier la collecte.

Des promesses sans suite

Selon les professionnels, l’État avait promis une révision du dispositif.
Ces engagements avaient été évoqués lors des ajustements de prix en décembre et en février.

À ce jour, aucune mesure concrète n’a été appliquée.

Les pétroliers se disent désormais coincés entre un décret hérité de l’ancien régime et une équation économique jugée intenable.

La Crse au cœur des critiques

Au-delà du différend financier, c’est le fonctionnement même de la Crse qui est remis en question.
L’ASP regrette l’époque du Comité national des hydrocarbures (CNH), perçu comme plus souple et moins coûteux.

Aujourd’hui, les distributeurs dénoncent de lourdes lenteurs administratives.

Retards, endettement et risque systémique

Le secteur fait face à :

  • plus de six mois de retard dans les remboursements de la caisse de péréquation ;
  • un endettement croissant des sociétés pour compenser les tensions de trésorerie.

Une situation jugée explosive.

Alerte sur un risque de paralysie

« Une telle décision risque de paralyser le pays », avertissent les membres de l’ASP.
Le bras de fer entre l’État et les pétroliers pourrait désormais avoir des conséquences directes sur l’approvisionnement et la stabilité du secteur énergétique.

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