Réunie en assemblée générale, l’Amicale des Diplômés des Écoles des Postes (ADEP) a tiré la sonnette d’alarme sur la situation de La Poste. Son président, Alioune Déme, décrit une entreprise fragilisée par plus de dix ans de difficultés structurelles et appelle à des mesures urgentes pour éviter un déclin irréversible.
Une entreprise minée par des faiblesses persistantes
Devant les membres de l’amicale, l’ADEP a dressé un constat sans détour : La Poste traverse une crise profonde et durable.
D’abord, la logistique souffre d’un manque criant de moyens matériels. Cette insuffisance réduit fortement la capacité de l’entreprise à assurer efficacement ses missions de service public. Ensuite, l’accès au financement s’est progressivement restreint, freinant les projets de modernisation indispensables à sa survie.
À ces contraintes internes s’ajoute une pression concurrentielle croissante. Des opérateurs privés, souvent mieux équipés sur le plan technologique, captent une part grandissante du marché et répondent plus rapidement aux nouvelles attentes des usagers.
L’État appelé à assumer pleinement son rôle
Face à cette situation, l’ADEP interpelle directement l’État, actionnaire unique de l’entreprise. L’amicale estime que les mesures de soutien ponctuelles ne suffisent plus.
Elle plaide pour des investissements structurants, capables de redonner à La Poste des bases solides et une visibilité à long terme. Selon ses responsables, seule une implication financière et stratégique forte permettra d’enrayer la spirale de fragilisation.
Une restructuration en profondeur exigée
Pour l’ADEP, la restructuration annoncée ne doit pas se limiter à des ajustements superficiels. Elle doit s’appuyer sur une refonte du modèle économique, une meilleure valorisation du capital humain et une accélération résolue de l’innovation technologique.
Sans stratégie claire ni financements adaptés, prévient l’amicale, le risque d’un affaiblissement durable de ce fleuron national demeure bien réel. L’heure est désormais aux décisions structurantes, faute de quoi la crise pourrait s’enraciner davantage.
