Des délégations russes, ukrainiennes et américaines ouvrent ce mardi une nouvelle session de négociations en Suisse pour tenter de mettre fin à quatre années de guerre en Ukraine. Après deux rencontres tenues aux Émirats arabes unis sans avancée majeure, les trois capitales espèrent relancer la dynamique diplomatique autour d’un conflit déclenché en février 2022.
Un dossier toujours bloqué sur le Donbass
Les négociateurs russes sont arrivés à Genève pour engager des discussions directes avec leurs homologues ukrainiens et américains. Au cœur des tensions figure toujours le Donbass, notamment la région de Donetsk. Moscou exige le retrait des forces ukrainiennes des zones qu’elles contrôlent encore, tandis que Kiev refuse catégoriquement cette demande.
Le président américain Donald Trump, à l’initiative de ces tractations, accentue la pression pour obtenir un règlement diplomatique. À bord d’Air Force One, il a exhorté l’Ukraine à « venir rapidement à la table des discussions », affirmant que la Russie se dit prête à conclure un accord. La semaine précédente, il avait déjà pressé son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky d’accélérer les négociations.
Moscou réclame un accord « durable »
De son côté, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a reconnu l’ampleur des divergences. Il a estimé que les questions en suspens restent « vastes » et a jugé prématuré de prédire l’issue des discussions.
Moscou ne veut pas d’un simple cessez-le-feu, mais d’un accord « durable » qui traiterait, selon elle, les causes profondes du conflit. La Russie continue notamment de dénoncer la volonté de l’Ukraine de rejoindre l’OTAN, qu’elle considère comme une menace directe pour sa sécurité.
Kiev doute des intentions russes
À l’inverse, Volodymyr Zelensky met en doute la sincérité du Kremlin. Il a dénoncé la poursuite des frappes russes à la veille même des négociations trilatérales. Selon lui, seule une pression internationale accrue sur Moscou et l’octroi de garanties de sécurité solides à l’Ukraine permettront d’aboutir à une paix réaliste.
Des délégations à forte portée politique
Contrairement aux précédents pourparlers d’Abou Dhabi, la délégation russe sera conduite par l’ancien ministre de la Culture Vladimir Medinski, figure nationaliste et proche du pouvoir. Ce choix traduit la volonté d’aborder désormais un volet plus politique que strictement militaire. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a confirmé que les discussions porteront sur un éventail élargi de questions, notamment territoriales.
Côté ukrainien, l’ex-ministre de la Défense Roustem Oumerov mènera les négociations, comme lors des rencontres précédentes. La Maison Blanche, quant à elle, dépêche l’émissaire spécial Steve Witkoff ainsi que Jared Kushner, gendre du président américain.
À Genève, les trois délégations tentent donc de dépasser les blocages persistants. Reste à savoir si cette nouvelle séquence diplomatique permettra enfin d’esquisser une issue à l’un des conflits les plus meurtriers en Europe depuis des décennies.
