Juba, 3 mars 2026 – L’Organisation des Nations unies (ONU) se dit profondément inquiète après un nouveau massacre perpétré dimanche 1er mars à Abiemnhom, dans la zone administrative de Ruweng, frontalière du Soudan.

Selon les autorités locales, le bilan provisoire fait état d’au moins 169 morts. « Les gens ont fui dans toutes les directions, si bien que nous allons sans doute encore retrouver des blessés et d’autres corps », a déclaré à Radio France Internationale le ministre local de l’Information, James Monyluak.

Une attaque à l’aube

D’après les autorités, l’attaque s’est produite vers 4 heures du matin. Un grand nombre de jeunes Nuers armés, originaires du comté voisin de Mayom, certains vêtus d’uniformes militaires, ont pris d’assaut la localité.

Les affrontements ont fait 79 morts parmi les soldats et policiers qui tentaient de repousser les assaillants.

L’ONG Médecins Sans Frontières (MSF) a indiqué avoir pris en charge 80 blessés par balles à l’hôpital d’Abyei, situé à quelques kilomètres à l’ouest. Plusieurs victimes ont succombé à leurs blessures, dont une femme enceinte.

Les casques bleus de la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (Minuss) ont accueilli près de 1 000 civils sur leur base et prodigué des soins d’urgence aux blessés. Face au nombre élevé de victimes, les autorités locales ont procédé à des inhumations dans une fosse commune.

Une escalade inquiétante

Les causes exactes de l’attaque demeurent inconnues, mais les autorités locales évoquent des affrontements intercommunautaires. Cette nouvelle flambée de violence intervient dans un contexte de recrudescence des tensions dans plusieurs régions du Soudan du Sud, notamment dans l’État de Jonglei.

Malgré l’accord de paix signé en 2018 entre le président Salva Kiir et son rival Riek Machar pour mettre fin à la guerre civile déclenchée en 2013, les combats entre leurs partisans se sont intensifiés ces derniers mois.

« Cette escalade brutale des hostilités nous inquiète au plus haut point », a déclaré le porte-parole de la Minuss, Priyanka Chodhury, alertant sur le risque de violences à caractère ethnique dans un contexte politique fragile. Il a exhorté toutes les parties à cesser les combats et à privilégier un dialogue constructif.

Appel à une enquête et à une aide humanitaire

Les autorités de Ruweng demandent l’ouverture d’une enquête, le déploiement de forces de sécurité supplémentaires et l’envoi d’une aide humanitaire d’urgence. Elles pointent également les autorités de Mayom, sur fond de tensions entre les communautés Nuer de Mayom et Dinka d’Abiemnhom.

Ce nouveau massacre souligne la fragilité persistante du processus de paix au Soudan du Sud et ravive les inquiétudes de la communauté internationale quant à une possible dérive vers un nouveau cycle de violences généralisées.

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