Dans les laboratoires du département de pharmacie de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, le professeur Aloyse Augustin Diouf encadre plusieurs projets de recherche.
Son équipe travaille sur des formulations pharmaceutiques basées sur des émulsions. Ces structures, souvent nanométriques, améliorent l’efficacité des principes actifs.
Parmi ces travaux, la chercheuse Eugénie Diop développe une formulation permettant d’administrer l’insuline par voie orale. L’objectif consiste à réduire la dépendance aux injections quotidiennes chez les patients atteints de diabète de type 1.
Un défi scientifique majeur
L’administration orale de l’insuline reste toutefois complexe. Dans le système digestif, les enzymes détruisent généralement cette hormone avant son absorption.
Pour contourner ce problème, les chercheurs utilisent une technique d’encapsulation. Ils protègent la molécule grâce à des émulsions doubles.
Ce procédé crée une protection moléculaire qui permettrait à l’insuline de franchir la barrière digestive et d’atteindre la circulation sanguine.
Des recherches sur la fiabilité des glucomètres
Parallèlement, les chercheurs étudient aussi la performance des appareils mesurant la glycémie.
Une étude menée sur 100 glucomètres a évalué leur sensibilité, leur fidélité et leur exactitude. Les résultats montrent une bonne sensibilité et une bonne stabilité des mesures.
Cependant, certaines anomalies d’exactitude apparaissent parfois. Ces écarts peuvent provenir de l’usure des appareils, des chutes ou des variations de température.
Vers un meilleur contrôle des appareils
Pour améliorer les tests de contrôle, les chercheurs proposent une nouvelle solution simulant le sang humain.
Les solutions actuelles contiennent surtout de l’eau et du glucose. Or le sang comprend aussi des protéines, des ions et des cellules.
L’équipe développe donc un milieu reproduisant mieux la composition réelle du sang. Cette innovation pourrait améliorer la vérification des glucomètres dans les pharmacies et les structures de santé.
Le défi du financement de la recherche
Malgré ces avancées, les chercheurs font face à un manque de financement. Selon Aloyse Augustin Diouf, les équipes dépendent souvent de partenaires internationaux.
La recherche de financements demande aussi beaucoup de temps. La préparation d’un dossier peut durer plusieurs mois.
Les scientifiques estiment donc nécessaire de renforcer le soutien public à la recherche. Selon eux, ces projets pourraient améliorer la prise en charge des patients au Sénégal.

