La section ivoirienne de Amnesty International a dénoncé, dans un communiqué publié mardi 10 mars, la détention « sans fondement » de plusieurs femmes enceintes en Côte d’Ivoire. Selon l’organisation, ces arrestations remontent à octobre 2025, dans un contexte marqué par des manifestations et des violences liées à la réélection du président Alassane Ouattara pour un quatrième mandat contesté.
Des détenues toujours en prison cinq mois après leur arrestation
Selon Marceau Sivieude, directeur régional d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, plusieurs personnes arrêtées lors des manifestations sont toujours en détention.
« Aujourd’hui, cinq mois après leur arrestation, des personnes sont toujours détenues uniquement parce qu’elles se sont trouvées à proximité des manifestations. Les autorités ivoiriennes doivent ordonner leur libération », a-t-il déclaré.
L’organisation affirme également que certaines détenues ne peuvent ni recevoir leurs familles ni consulter un avocat. Elle souligne aussi un manque d’accès aux soins médicaux, alors que certaines femmes seraient à un stade avancé de leur grossesse.
Des procès jugés inéquitables
Dans son communiqué, Amnesty International affirme que plusieurs femmes arrêtées lors des rafles d’octobre 2025 ont été condamnées à l’issue de procès jugés inéquitables, sans la présence d’avocats.
Me Sylvain Tapé, avocat de certaines prévenues, explique que ces femmes ont été arrêtées alors qu’elles vaquaient à leurs activités quotidiennes.
« Elles se trouvent dans un environnement qui n’est pas propice au bon déroulement de la grossesse. Elles sont très affectées moralement et physiquement », a-t-il indiqué.
Un climat tendu autour de la présidentielle de 2025
Avant et pendant l’élection présidentielle du 25 octobre 2025, des violences ont éclaté dans plusieurs localités du pays, faisant au moins une dizaine de morts.
Lors de ce scrutin, Alassane Ouattara a été réélu avec 89,77 % des voix. Toutefois, l’élection s’est tenue en l’absence de plusieurs figures majeures de l’opposition, notamment l’ancien président Laurent Gbagbo, dont la candidature avait été rejetée par le Conseil constitutionnel de Côte d’Ivoire.
Dans ce contexte, Amnesty International appelle les autorités ivoiriennes à garantir le respect des droits fondamentaux et à libérer les personnes détenues uniquement pour avoir participé ou été présentes lors des manifestations.
