Les électeurs de la République du Congo votent ce dimanche pour élire leur président. Au pouvoir depuis plus de quatre décennies, Denis Sassou Nguesso brigue un nouveau mandat dans un contexte marqué par l’absence de figures majeures de l’opposition.
Une participation incertaine pour un scrutin décisif
Les bureaux de vote ont ouvert de 7 h à 18 h sur l’ensemble du territoire. Plus de 3,2 millions d’électeurs figurent sur les listes.
Cependant, le niveau de participation constitue l’enjeu principal. Lors du scrutin de 2021, Denis Sassou Nguesso avait remporté la victoire avec 88,4 % des suffrages, pour un taux de participation estimé à près de 68 %.
Selon la chaîne Al Jazeera, plusieurs acteurs de la société civile anticipent une affluence plus faible cette année.
Une campagne dominée par le président sortant
Âgé de 82 ans, Denis Sassou Nguesso affronte six candidats jugés peu connus par les observateurs.
Le chef de l’État a parcouru le pays pour mobiliser les électeurs. À Brazzaville, ses portraits dominent l’espace public.
Par ailleurs, deux formations politiques majeures ont boycotté le scrutin, dénonçant des conditions électorales inéquitables. L’opposition souffre aussi de l’emprisonnement de certains leaders et de l’exil d’autres responsables.
Un contexte socio-économique contrasté
Troisième producteur de pétrole d’Afrique subsaharienne, la République du Congo dispose également de ressources en gaz naturel liquéfié.
Malgré une stabilisation économique récente, plus de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté, selon la Banque mondiale.
L’ONG Freedom House attribue au pays une note de 17 sur 100 en matière de libertés politiques.
Durant la campagne, Denis Sassou Nguesso a promis d’accélérer les projets de développement et d’améliorer l’accès à l’éducation et à la formation professionnelle.
Entre scepticisme populaire et assurances du gouvernement
Sur le terrain, certains électeurs expriment leur désillusion face au processus électoral. Des témoignages relayés par des médias internationaux évoquent un sentiment d’issue connue d’avance.
Face aux critiques d’organisations de défense des droits humains, le Premier ministre Anatole Collinet Makosso a rejeté toute accusation de partialité. Il assure que les organes de contrôle garantiront la transparence du vote.
Les résultats provisoires devraient être publiés dans les 48 à 72 heures suivant la fermeture des bureaux.
