Le Salon International des Inventions de Genève réunit cette année 1 430 inventeurs venus de 35 pays, qui exposent plus de 1 050 inventions soumises à l’évaluation d’un jury international placé sous l’égide de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle.

Dans ce contexte, le Sénégal participe pour la deuxième année consécutive avec une délégation composée de sept inventeurs, parmi lesquels trois profils se distinguent particulièrement grâce à des projets innovants tournés vers des solutions concrètes pour le développement.

Maguette Sylla mise sur l’innovation numérique

Parmi ces innovateurs figure Maguette Sylla, ancien professionnel des télécommunications et ex-consultant du Programme des Nations Unies pour le Développement, qui s’est consacré à la recherche et au développement technologique depuis 2017.

À Genève, il présente deux innovations complémentaires, dont la première, Tera by Weccat, est une plateforme de transaction électronique reposant sur une borne intelligente capable d’agréger plusieurs portefeuilles crypto-mobiles grâce à une carte NFC, facilitant ainsi les paiements numériques.

Dans le même temps, il expose Quitus, un assistant scolaire basé sur la biométrie qui permet de suivre la présence des élèves tout en envoyant automatiquement des notifications et des alertes SMS aux parents, ce qui renforce la communication entre les familles et les établissements scolaires.

Diouma Kobor améliore l’efficacité des panneaux solaires

De son côté, le professeur Diouma Kobor, directeur général de l’Agence nationale pour les énergies renouvelables, présente une innovation visant à améliorer le rendement des cellules photovoltaïques.

En effet, son invention s’attaque à un problème majeur de l’énergie solaire : la perte de lumière causée par la réflexion, qui peut atteindre entre 35 % et 60 % avant même que l’énergie ne soit convertie.

Pour y remédier, il a développé un procédé reposant sur une nanotexturation de la surface du silicium obtenue grâce à une technique de gravure simplifiée, ce qui permet de réduire la réflexion à seulement 3 % et d’augmenter l’absorption lumineuse à plus de 97 %, une avancée susceptible d’améliorer considérablement le rendement des panneaux solaires et de soutenir la transition énergétique en Afrique.

Souleymane Ciss propose une solution contre la pollution plastique

Par ailleurs, Souleymane Ciss, géographe environnementaliste et chef de projet à Plastic Odyssey Factories Sénégal, présente un projet axé sur la lutte contre la pollution plastique.

Son initiative, baptisée Sunu Plastic Odyssey, prévoit la mise en place de micro-usines de recyclage low-tech installées dans des conteneurs et exploitées par des entrepreneurs locaux, permettant ainsi de transformer les déchets plastiques en produits utiles tels que des pavés, des tuiles ou encore du mobilier urbain.

Le projet envisage notamment l’installation de dix micro-usines au Sénégal, la création d’environ 150 emplois directs et le recyclage de 4 000 tonnes de plastique par an.

Dans le même esprit, un partenariat avec le Fonds de financement de la formation professionnelle et technique prévoit de former plus de 500 jeunes aux métiers du recyclage, tandis qu’un FabLab devrait être installé à l’École Polytechnique de Thiès afin d’accompagner cette dynamique.

Une innovation africaine tournée vers l’avenir

À travers ces initiatives, les inventeurs du Sénégal démontrent que l’innovation africaine peut répondre à des enjeux majeurs du continent, notamment l’inclusion numérique, la transition énergétique et la protection de l’environnement, tout en proposant des solutions concrètes adaptées aux réalités locales.

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