Face à la paralysie de la compagnie nationale, le président congolais ordonne une restructuration en profondeur pour tenter de sauver Congo Airways.

Une compagnie nationale à l’arrêt

En République démocratique du Congo, la compagnie aérienne nationale Congo Airways traverse une crise majeure. Créée en 2015 avec une flotte de quatre avions, elle ne dispose aujourd’hui d’aucun appareil opérationnel.

Constatant la gravité de la situation, le président Félix Tshisekedi hausse le ton. Ce week-end, il qualifie la situation de préoccupante et exige l’élaboration d’un plan de relance « réaliste et rigoureusement encadré ». Il prend cette décision à la suite d’une enquête officielle menée notamment avec le concours de l’Inspection générale des finances.

Une paralysie opérationnelle totale

Dans les faits, la compagnie se retrouve complètement paralysée. Faute d’entretien adéquat, tous ses avions sont cloués au sol.

Par ailleurs, les appareils loués ne permettent pas de compenser ces défaillances. Un Embraer, financé par la Caisse nationale de sécurité sociale, reste immobilisé en raison du manque de pilotes qualifiés, de documentation technique et de pièces de rechange. De son côté, un Airbus A320 loué auprès d’une compagnie sud-africaine peine également à entrer en service.

Une situation financière critique

À ces difficultés opérationnelles s’ajoute une crise financière profonde. Congo Airways accumule des dettes importantes, tout en faisant face à des arriérés de salaires et d’impôts.

Dans ce contexte, la compagnie ne parvient plus à assurer le moindre vol commercial, ce qui aggrave davantage sa situation économique.

De graves dysfonctionnements pointés

Le rapport d’enquête conjoint de l’Inspection générale des finances, du Conseil supérieur du portefeuille et de l’Autorité de l’aviation civile met en lumière de sérieux dysfonctionnements.

Les enquêteurs identifient des failles majeures dans la gestion administrative, financière et opérationnelle de l’entreprise, confirmant l’ampleur de la crise.

Une restructuration en profondeur exigée

Face à ces constats, Félix Tshisekedi estime que ces défaillances exposent l’État à des risques juridiques, financiers et réputationnels élevés.

En conséquence, il charge le gouvernement de proposer une restructuration en profondeur. Celle-ci devra s’appuyer sur un encadrement financier strict, des mécanismes de contrôle renforcés et une refonte complète de la gouvernance afin de relancer durablement la compagnie.

Air Congo assure la relève

En attendant cette relance, une autre compagnie assure la présence congolaise dans le ciel. Air Congo, une coentreprise avec Ethiopian Airlines, exploite actuellement trois Boeing et porte le pavillon national.

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