Majoritaire à l’Assemblée nationale, le Pastef a déposé une proposition de loi visant à modifier le code électoral. En toile de fond, la question sensible de l’éligibilité du Premier ministre Ousmane Sonko à la présidentielle de 2029.
Selon L’Observateur, la proposition de loi a été déposée par Ayib Daffé, président du groupe parlementaire Pastef, accompagné de plusieurs députés, dont Ismaila Wone, Saye Cissé, Fatou Cissé, Fatou Ba et Saliou Ndione.
Conformément aux règles en vigueur, les initiateurs ont transmis le texte au président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye.
Des modifications ciblées du code électoral
La réforme proposée vise spécifiquement les articles L29 et L30 du code électoral. En effet, dans leur version actuelle, certaines infractions — notamment la diffamation ou les délits de presse — peuvent compromettre la candidature à l’élection présidentielle.
Désormais, les députés de Pastef souhaitent revoir ces dispositions afin d’exclure certaines infractions du champ des inéligibilités. Toutefois, les condamnations pour crimes resteraient éliminatoires.
Ainsi, cette réforme ambitionne de redéfinir les critères d’éligibilité, en limitant les motifs d’exclusion.
La question sensible de la candidature de Sonko
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par le débat autour de la candidature d’Ousmane Sonko à la présidentielle de 2029. Malgré la loi d’amnistie adoptée en 2024, des juristes et des opposants estiment que sa condamnation pour diffamation dans l’affaire Affaire Mame Mbaye Niang continue d’avoir des implications sur son casier judiciaire.
De son côté, le Premier ministre maintient sa position. Il affirme qu’il est pleinement éligible et insiste sur le fait que rien ne pourra l’empêcher de se présenter.
Un timing politique révélateur
Par ailleurs, cette proposition de loi intervient alors que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, avait annoncé, lors de son discours du Nouvel An, une série de réformes législatives attendues au premier trimestre 2026.
Or, à ce jour, aucun de ces textes n’a encore été examiné. Dès lors, l’initiative parlementaire de Pastef apparaît comme une manière de prendre les devants, dans un contexte que Ousmane Sonko lui-même qualifie de « cohabitation douce ».
Vers un débat politique et juridique majeur
En définitive, cette proposition de réforme du code électoral pourrait ouvrir un débat à la fois juridique et politique majeur. Entre clarification des règles d’éligibilité et soupçons de calcul politique, le texte devrait susciter de vives discussions au sein de la classe politique sénégalaise.

