Une suspension pour reprendre le contrôle du foncier
Dans un entretien accordé le 17 avril à L’Observateur, Aminata Wane, Directrice générale de l’Urbanisme et de l’Architecture, a apporté des précisions sur la suspension des lotissements irréguliers au Sénégal.
Selon elle, cette décision répond à une nécessité urgente : reprendre le contrôle face à la multiplication d’occupations non autorisées, notamment dans des zones comme Mbour. Elle évoque un désordre foncier profond, aggravé par une fragmentation des responsabilités institutionnelles et un déficit de données fiables.
Mettre fin à « toute zone d’impunité »
Aminata Wane se montre ferme sur les objectifs de cette mesure. Elle affirme clairement que l’État entend « mettre fin à toute zone d’impunité ».
Elle souligne que les lotissements irréguliers ont des conséquences lourdes :
- désorganisation de l’aménagement du territoire
- inégalités dans l’accès au foncier
- coûts élevés de régularisation pour l’État et les populations
Pour les autorités, il devient donc impératif de stopper ces pratiques qui compromettent durablement le développement urbain.
Renforcement des contrôles et des sanctions
Face aux défaillances constatées dans l’application du Code de l’urbanisme, la Directrice annonce un durcissement des mesures :
- renforcement de la surveillance sur le terrain
- systématisation des sanctions contre les contrevenants
- restauration de l’autorité de l’État dans la gestion foncière
Cette stratégie vise à instaurer une discipline stricte dans le secteur de l’urbanisme.
Une approche équilibrée entre rigueur et accompagnement
Malgré cette fermeté, Aminata Wane insiste sur la nécessité d’un accompagnement des acteurs concernés.
L’État prévoit notamment :
- la formation des élus locaux
- la modernisation des services administratifs
- une amélioration de l’accès à l’information foncière
L’objectif est de construire une gouvernance plus efficace et mieux comprise par les citoyens.
Vers une administration plus transparente
Enfin, la Directrice générale se veut rassurante envers les usagers et les promoteurs. Elle affirme que l’État travaille à bâtir une administration « plus accessible, plus rapide et plus transparente ».
Elle rappelle que le respect des règles d’urbanisme n’est pas une contrainte arbitraire, mais une garantie essentielle de sécurité juridique pour tous les acteurs du secteur.
Un tournant dans la gestion du foncier
Avec cette réforme, les autorités sénégalaises affichent leur volonté de remettre de l’ordre dans un secteur longtemps marqué par des dérives. La suspension des lotissements irréguliers apparaît ainsi comme une étape clé vers une meilleure planification urbaine et un développement plus équilibré du territoire.
