Le procès entre dans une phase décisive

En Côte d’Ivoire, le procès de l’attaque terroriste de Kafolo se poursuit ce lundi 20 avril devant le tribunal criminel d’Abidjan. Ouvert fin décembre, ce dossier sensible entre désormais dans une étape clé avec les plaidoiries de la défense.

Les faits remontent à juin 2020, lorsqu’un poste de contrôle situé à la frontière avec le Burkina Faso a subi une attaque jihadiste. L’attentat, revendiqué par la Katiba Macina, avait coûté la vie à 14 soldats ivoiriens.

Le parquet hiérarchise les responsabilités

Au total, 45 accusés comparaissent pour leur implication présumée. Le procureur de la République a structuré les charges en trois catégories distinctes.

D’abord, il désigne cinq hommes comme auteurs directs de l’attaque. Il requiert contre eux la réclusion criminelle à perpétuité. Parmi ces accusés figure Ali Sidibé, alias Sofiane, présenté comme l’un des cerveaux de l’opération, qui a reconnu les faits.

Ensuite, il accuse 26 autres prévenus d’avoir assuré un soutien logistique, notamment en fournissant hébergement, renseignements et assistance. Le parquet demande pour eux des peines allant jusqu’à 20 ans de prison.

Enfin, il considère que 14 accusés ont joué un rôle marginal. Pour ces derniers, il requiert l’acquittement, certains bénéficiant déjà d’une liberté provisoire.

La défense conteste les réquisitions

Face à ces demandes, les avocats de la défense entendent démonter l’argumentaire de l’accusation. Me Mohamed Koné estime que le dossier comporte « matière à discussion ».

Ainsi, la défense cherche à requalifier les faits pour les principaux accusés afin d’éviter les peines les plus lourdes. Elle s’emploie également à minimiser le rôle des personnes poursuivies pour soutien logistique, dans l’espoir d’obtenir des réductions de peine, voire des acquittements.

Un verdict très attendu

Ce procès, qui porte sur l’une des attaques les plus meurtrières en Côte d’Ivoire ces dernières années, suscite une forte attente.

La décision finale devra trancher entre la fermeté réclamée par le parquet et les arguments de la défense, dans un contexte régional marqué par la persistance de la menace terroriste.

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