Les capitaines de cargos et de pétroliers sont appelés à la plus grande vigilance dans l’océan Indien. Le contournement du détroit d’Ormuz, en raison des tensions entre l’Iran, les États-Unis et Israël, a déplacé une partie du trafic maritime vers les côtes de la Somalie, où les actes de piraterie connaissent une nouvelle hausse.
Des attaques opportunistes
Des groupes armés opérant sur de rapides embarcations ciblent les navires marchands pour prendre en otage leurs équipages et exiger des rançons. Le 2 mai, le pétrolier Eureka, battant pavillon togolais, a été détourné au large du Yémen avant d’être redirigé vers les côtes somaliennes.
Ce cas s’ajoute à plusieurs incidents signalés en avril, confirmant une recrudescence préoccupante.
Un contexte géopolitique favorable aux pirates
Selon Omar Mahmood, analyste à l’International Crisis Group, cette reprise s’inscrit dans un contexte international tendu.
Le déplacement des routes maritimes, conséquence indirecte du conflit au Moyen-Orient, crée des opportunités pour des réseaux criminels qui n’ont jamais totalement disparu.
Des moyens limités face à des groupes organisés
Dans la région du Puntland, au nord du pays, les pirates sont structurés en clans et profitent de la faiblesse des moyens de l’État somalien.
Les autorités doivent déjà faire face à des groupes armés comme Al-Shebab et des cellules liées à État islamique, ce qui limite leur capacité à lutter efficacement contre la piraterie.
Un phénomène ancien en résurgence
Après un pic en 2011, la piraterie au large de la Somalie avait fortement reculé grâce à la présence de forces navales internationales et à des mesures de sécurité renforcées.
Mais la situation actuelle montre que ce phénomène reste latent et peut rapidement réapparaître dès que le contexte international devient favorable.
