Des dirigeants au profil bien identifié
L’analyse des groupes armés opérant au Mali, notamment le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans et le Cadre stratégique permanent pour la défense du peuple de l’Azawad, suscite de nombreuses interrogations sur les motivations de leurs dirigeants et de leurs combattants.
À la tête du JNIM se trouve Iyad Ag Ghaly, figure majeure de l’insurrection djihadiste au Sahel et chef d’une organisation affiliée à Al-Qaïda. Parmi les principaux responsables du CSP-D figurent également Alghabass Ag Intalla et Bilal Ag Achérif.
Une composition ethnique diverse sur le terrain
Certains observateurs mettent en avant l’origine culturelle ou ethnique de ces dirigeants pour tenter d’expliquer la composition de leurs mouvements. Toutefois, une telle lecture reste réductrice.
Les groupes armés du Sahel recrutent avant tout en exploitant un ensemble de facteurs imbriqués : frustrations politiques, sentiment de marginalisation, insécurité, pauvreté, conflits communautaires, absence de services publics et instrumentalisation de discours religieux.
Dans de nombreuses régions du Sahel, ces organisations attirent des jeunes issus de diverses communautés — Peuls, Bambaras, Songhaïs, Touaregs ou Arabes — en leur promettant protection, revenus, statut social ou revanche contre des injustices réelles ou perçues.
L’instrumentalisation de la religion
L’idéologie religieuse joue effectivement un rôle central dans leur propagande. Elle leur permet de présenter leur lutte comme un combat spirituel ou politique, reléguant au second plan les différences ethniques.
Cependant, cette instrumentalisation ne doit pas être confondue avec l’Islam, pratiqué pacifiquement par des millions de personnes au Mali, au Sénégal et dans le reste du monde.
Des combattants souvent instrumentalisés
Les spécialistes des conflits soulignent que les combattants recrutés par ces organisations s’exposent à de lourds risques : mort au combat, arrestation, abandon ou marginalisation.
Beaucoup découvrent tardivement qu’ils ont servi des stratégies de pouvoir qui dépassent largement leurs motivations initiales.
Une lecture plus nuancée du phénomène
Comprendre l’essor du JNIM et du CSP-D exige une approche rigoureuse et nuancée. Réduire ces mouvements à une opposition raciale ou religieuse ne permet pas de saisir la complexité des dynamiques sahéliennes.
Les véritables moteurs du recrutement résident dans la combinaison de facteurs politiques, économiques, sociaux et idéologiques que ces groupes exploitent pour étendre leur influence à travers le Sahel.
