Plusieurs disparitions inquiètent au Mali

Au Mali, l’inquiétude grandit autour de plusieurs disparitions attribuées à des hommes armés et cagoulés, présentés par certains proches comme appartenant à la Sécurité d’État.

Parmi les personnes portées disparues figure notamment Mountaga Tall, avocat et figure politique malienne, dont la famille est sans nouvelles depuis près de trois semaines. D’autres proches d’opposants en exil, des responsables d’écoles coraniques ainsi que des militaires auraient également disparu dans des circonstances similaires.

Selon leurs familles, ces personnes seraient détenues dans des lieux inconnus, sans procédure judiciaire officielle ni communication des autorités.

Une enquête liée aux attaques du 25 avril

Le 1er mai, la justice militaire malienne avait annoncé l’ouverture d’enquêtes visant des personnalités soupçonnées de liens avec les attaques du 25 avril menées par le JNIM et le Front de libération de l’Azawad.

Ces attaques auraient notamment coûté la vie au ministre malien de la Défense, le général Sadio Camara, selon des soutiens du pouvoir.

Les partisans du régime invoquent la « raison d’État »

Pour certains défenseurs des autorités de transition, la gravité de la menace terroriste justifie des méthodes exceptionnelles.

Le journaliste malien Tiambel Guimbayara estime ainsi que la « raison d’État » permet de mener des investigations extraordinaires dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

Selon lui, l’ampleur des attaques et les enjeux sécuritaires imposeraient des moyens adaptés afin de protéger l’État et la sécurité nationale.

Des juristes dénoncent des violations des droits fondamentaux

À l’inverse, plusieurs spécialistes du droit rappellent que la lutte antiterroriste ne peut pas suspendre les garanties fondamentales prévues par la Constitution malienne et les conventions internationales ratifiées par le pays.

Le professeur Jean‑François Akandji‑Kombé souligne notamment que le droit à un juge, la présomption d’innocence ou encore le droit à la défense demeurent des principes essentiels, même en période de crise sécuritaire.

Selon lui, la protection de la nation ne doit pas conduire l’État à renoncer aux principes fondamentaux qui garantissent la cohésion sociale et l’État de droit.

Une inquiétude persistante autour du silence des autorités

En l’absence de communication officielle sur le lieu de détention ou le statut des personnes disparues, les familles et plusieurs organisations de défense des droits humains réclament davantage de transparence ainsi que le respect des procédures judiciaires légales.

Cette affaire ravive le débat sur l’équilibre entre impératifs sécuritaires et respect des libertés fondamentales dans un contexte régional marqué par la montée des violences armées.

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