Au lendemain de la Tabaski, le malaise est palpable au sein de la filière de l’élevage. Face à la presse ce matin, le président des jeunes éleveurs du Sénégal, Elhadji Malick Ka, a tiré la sonnette d’alarme sur les importantes pertes enregistrées par les acteurs du secteur durant cette fête de l’Aïd el-Kébir.

Selon lui, malgré un approvisionnement satisfaisant des marchés en moutons à travers le pays, de nombreux éleveurs n’ont pas réussi à écouler leur cheptel. Une situation qu’il attribue à l’absence de mesures d’accompagnement et de soutien adaptées de la part des autorités compétentes.

« Les éleveurs ont consenti d’énormes sacrifices pour préparer cette Tabaski, mais beaucoup se retrouvent aujourd’hui avec des centaines de moutons invendus et d’importantes pertes financières », a déploré Elhadji Malick Ka.

Pour illustrer l’ampleur des difficultés rencontrées, le responsable des jeunes éleveurs a révélé qu’il devra lui-même rapatrier plus de 400 moutons vers Ngoundiane après n’avoir pu trouver suffisamment d’acheteurs dans la région de Dakar.

Estimant que les préoccupations des éleveurs n’ont pas été suffisamment prises en compte, il a pointé du doigt la gestion du ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Souveraineté alimentaire. Il appelle à une réorientation de la politique publique en faveur du secteur et plaide pour la création d’un département ministériel exclusivement dédié à l’élevage.

Pour les professionnels du secteur, cette situation met en lumière les défis persistants liés à la commercialisation du bétail, à l’organisation des marchés et à l’accompagnement des producteurs. Ils espèrent désormais l’ouverture d’un dialogue avec les autorités afin d’identifier des solutions durables pour préserver une activité qui constitue une source essentielle de revenus pour des milliers de familles sénégalaises.

Cette sortie des jeunes éleveurs relance ainsi le débat sur la place de l’élevage dans les politiques publiques et sur la nécessité de renforcer les mécanismes de soutien à une filière stratégique pour l’économie nationale et la souveraineté alimentaire du Sénégal.

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