Les Guinéens appelés aux urnes pour tourner la page de la transition
Près de sept millions d’électeurs guinéens ont été appelés aux urnes le dimanche 31 mai pour élire les 147 députés de la future Assemblée nationale ainsi que les conseillers communaux des 375 collectivités locales du pays.
Ces élections législatives et communales constituaient une étape majeure du processus de retour à l’ordre constitutionnel engagé après la prise du pouvoir par le général Mamadi Doumbouya en septembre 2021. Les autorités les présentent comme l’ultime phase de la transition politique amorcée il y a près de cinq ans.
Un scrutin calme mais peu mobilisateur
Les opérations de vote se sont déroulées dans le calme sur l’ensemble du territoire, sans incident majeur signalé. Toutefois, les bureaux de vote ont enregistré une faible affluence tout au long de la journée.
À Nongo, dans la commune de Lambanyi à Conakry, le candidat à la députation Ousmane Kaba a constaté la faible mobilisation des électeurs.
« L’affluence est très modérée puisque dans mon bureau de vote, nous n’étions que deux ou trois aux alentours de midi », a-t-il déclaré, tout en appelant la Direction générale des élections à garantir la transparence du scrutin.
L’opposition maintient son appel au boycott
Cette faible participation s’explique en partie par l’appel au boycott lancé par les Forces vives de Guinée, une coalition regroupant plusieurs organisations de la société civile et des partis d’opposition.
À Camayenne, dans le centre de Conakry, Amadou affirme avoir suivi cette consigne. Selon lui, les conditions d’un scrutin libre et transparent n’étaient pas réunies.
« Les résultats sont connus d’avance. Mon vote n’aurait aucune valeur dans ces conditions », estime-t-il.
Un autre habitant partage cette analyse et juge que les institutions chargées de superviser les élections ne garantissent pas suffisamment la prise en compte des suffrages exprimés.
Des électeurs favorables au pouvoir se mobilisent
Malgré la faible affluence, certains électeurs ont tenu à accomplir leur devoir civique. C’est le cas d’Abdoul, qui soutient le président Mamadi Doumbouya.
Il estime que le chef de l’État doit disposer d’une majorité parlementaire solide afin de mettre en œuvre ses réformes et favoriser le développement économique du pays.
L’électeur accorde également une importance particulière aux élections communales, qu’il considère comme essentielles pour améliorer les infrastructures locales, notamment les écoles et les équipements de quartier.
La proximité de la Tabaski pointée du doigt
Plusieurs observateurs attribuent également la faible participation à la date retenue pour le scrutin. Les élections se sont tenues quelques jours seulement après la célébration de la Tabaski, une fête traditionnellement marquée par les déplacements des familles vers leurs localités d’origine.
De nombreux électeurs pourraient ainsi ne pas avoir regagné leur circonscription à temps pour prendre part au vote, contribuant à la faible mobilisation constatée dans plusieurs régions du pays.
Une étape décisive pour l’avenir politique du pays
Malgré cette participation limitée, les autorités considèrent ces élections comme une étape essentielle dans la normalisation institutionnelle de la Guinée. Les résultats du double scrutin permettront de mettre en place les nouvelles institutions élues appelées à accompagner le pays dans l’après-transition.
