De nouveaux éléments transmis par la justice espagnole

Le président de République des Valeurs, Thierno Alassane Sall, affirme disposer de nouveaux éléments dans le dossier du projet d’électrification rurale confié à la société espagnole AEE Power EPC.

Face à la presse, ce vendredi à Dakar, il a déclaré que la justice espagnole lui avait transmis des relevés bancaires provenant de Banco Santander. Selon lui, ces documents révèlent des mouvements financiers « accablants » concernant les 56 millions d’euros versés à l’entreprise chargée d’électrifier 1 600 localités sénégalaises.

Plus de 30 milliards de FCFA auraient quitté les comptes

D’après l’ancien ministre, près de 37 milliards de FCFA ont été décaissés le 11 juin 2024. Cependant, plus de 30 milliards de FCFA auraient quitté les comptes d’AEE Power EPC en seulement quarante-huit jours.

Pour Thierno Alassane Sall, ces transferts sont intervenus alors qu’aucun chantier n’avait démarré au Sénégal.

« L’argent destiné à électrifier les villages du Sénégal a été détourné vers d’autres comptes répartis dans plusieurs pays », a-t-il affirmé.

Des flux financiers dans plusieurs pays

Les documents présentés feraient apparaître de nombreux virements internationaux.

Selon Thierno Alassane Sall, les fonds ont circulé vers l’Espagne, le Sénégal, la Chine, la Côte d’Ivoire, le Togo, le Kenya, la Tunisie et l’Égypte.

Il soutient également qu’environ 19,3 millions d’euros ont transité par des comptes internes du groupe AEE. Par ailleurs, 8,56 millions d’euros auraient fait l’objet de conversions en devises sans bénéficiaire clairement identifié.

Des interrogations sur les garanties de la SONAC

Le leader de République des Valeurs s’est aussi interrogé sur les paiements effectués à la SONAC.

Selon lui, les garanties destinées à protéger l’État sénégalais auraient été réglées après le décaissement des fonds. Plus encore, elles auraient été financées avec les sommes déjà versées à l’entreprise.

« L’argent qui devait être garanti a servi à payer sa propre garantie », a-t-il dénoncé.

Il a ainsi qualifié le dispositif de « garantie de papier ».

L’État accusé d’inaction

Au-delà des responsabilités d’AEE Power EPC, Thierno Alassane Sall met en cause les autorités sénégalaises.

Il affirme que Banco Santander a émis plusieurs alertes dès septembre 2024. De plus, des partenaires espagnols auraient signalé des anomalies aux autorités compétentes.

Toutefois, selon lui, aucune réaction suffisante n’a suivi ces signalements. Il reproche donc à l’État son inaction malgré les soupçons de détournement et l’absence d’avancement du projet.

Les demandes formulées par Thierno Alassane Sall

Estimant que « cette affaire est celle de l’argent des Sénégalais », le président de République des Valeurs réclame plusieurs mesures.

Il demande notamment :

  • l’ouverture complète de l’enquête ;
  • la convocation des dirigeants d’AEE Power EPC devant les juridictions sénégalaises ;
  • une coopération totale avec la justice espagnole ;
  • la publication de l’état réel d’exécution du projet ;
  • le gel de tout nouveau décaissement lié au contrat jusqu’aux conclusions de la procédure judiciaire.

« Cet argent n’a pas servi à électrifier nos villages »

En conclusion, Thierno Alassane Sall estime que les nouveaux éléments changent la perception de cette affaire.

« Les relevés bancaires établissent désormais une chose que personne ne peut plus contester : cet argent n’a pas servi à électrifier nos villages », a-t-il déclaré.

Ces accusations reposent sur les documents qu’il dit avoir obtenus de la justice espagnole. Désormais, l’évolution de l’enquête judiciaire devrait permettre d’établir les responsabilités et de faire toute la lumière sur le sort des fonds destinés à l’électrification rurale.

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