Israël ordonne l’évacuation avant de frapper
L’armée israélienne a mené samedi des frappes dans le sud du Liban. Quelques heures plus tôt, elle avait appelé les habitants de vingt localités à évacuer la zone, dont la ville de Nabatiyé. L’Agence nationale d’information libanaise (Ani) a rapporté cette information.
Selon cette même source, les bombardements ont touché plusieurs secteurs mentionnés dans l’avertissement israélien. Les villages de Rihan et Sujud, situés près de Nabatiyé, figurent parmi les zones visées.
Avant l’opération, l’armée israélienne avait prévenu qu’elle allait « agir avec force » contre le Hezbollah pro-iranien. Elle a demandé aux habitants de rejoindre le nord du fleuve Zahrani, à une quarantaine de kilomètres de la frontière israélienne.
Israël annonce l’interception d’un engin aérien
Plus tôt dans la journée, l’armée israélienne a indiqué avoir intercepté un « engin aérien hostile » venu du Liban et entré dans le nord d’Israël.
Cette annonce intervient après quatre incidents similaires signalés la veille. Selon les autorités israéliennes, certains projectiles ont échappé à l’interception. Elles assurent toutefois qu’ils n’ont provoqué aucun dégât important.
Le Hezbollah affirme combattre les forces israéliennes
Vendredi en fin de journée, l’Ani avait déjà signalé des explosions et des tirs d’artillerie près des collines qui dominent Nabatiyé.
De son côté, le Hezbollah affirme affronter des forces israéliennes qui progressent vers la localité de Majdal Zoun.
Ces affrontements illustrent la poursuite des hostilités malgré les efforts diplomatiques engagés ces dernières semaines.
Une escalade qui s’inscrit dans un conflit régional
Le Liban est entré dans le conflit le 2 mars. Ce jour-là, le Hezbollah a lancé des attaques contre le territoire israélien en soutien à l’Iran, après l’offensive israélo-américaine du 28 février.
Depuis, Israël bombarde régulièrement le territoire libanais. L’État hébreu affirme vouloir « éliminer » le mouvement chiite.
En retour, le Hezbollah continue de viser des positions israéliennes dans le sud du Liban et le nord d’Israël.
Selon les autorités libanaises, les opérations militaires israéliennes ont causé plus de 3 700 morts depuis le début de l’escalade.
Une trêve toujours menacée
Les violences persistent malgré le cessez-le-feu entré en vigueur le 17 avril.
Par ailleurs, les discussions menées à Washington ont débouché début juin sur l’annonce d’un nouvel accord de trêve conditionnelle entre le Liban et Israël. Le Hezbollah a cependant rejeté cette proposition.
Le front libanais reste ainsi au cœur des négociations entre Washington et Téhéran pour tenter de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
Selon un haut responsable américain, le projet d’accord actuellement à l’étude inclut désormais le Liban, conformément aux demandes iraniennes. Auparavant, les États-Unis souhaitaient traiter ce dossier séparément.
Les responsables libanais appellent à des choix clairs
Face à cette situation, le président libanais Joseph Aoun a appelé à l’unité nationale.
Dans un message publié samedi sur le réseau X, il a estimé que le pays traversait « un test capital ». Il a exhorté les Libanais à se rassembler « autour d’un État souverain qui détient le monopole des armes » afin de ne pas rester « otage de la logique des milices ».
De son côté, le député du Hezbollah Ali Fayyad a invité les responsables à saisir toute opportunité susceptible de mettre fin aux hostilités.
Il a néanmoins critiqué l’attitude des autorités libanaises. « L’État doit abandonner la politique qui consiste à être écrasé face aux Israéliens et soumis aux Américains », a-t-il déclaré.
