Le marché réagit à la perspective d’une réouverture du détroit d’Ormuz
Les cours du pétrole ont nettement reculé lundi après l’annonce d’un accord entre les États-Unis et l’Iran, ouvrant la voie à une reprise progressive du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, l’un des passages stratégiques les plus importants pour le commerce mondial des hydrocarbures.
L’accord a été annoncé par le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur du processus, avant d’être confirmé par Washington et Téhéran. Bien que le texte n’ait pas encore été rendu public, il prévoirait la fin des hostilités sur plusieurs fronts, y compris au Liban.
Donald Trump annonce la levée du blocus naval
Le président américain Donald Trump a salué l’accord sur son réseau social, affirmant avoir autorisé la réouverture du détroit d’Ormuz sans droits de passage ainsi que la levée immédiate du blocus naval américain.
« Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche. Que le pétrole coule à flots ! », a-t-il déclaré, précisant que cette réouverture devrait intervenir dès la signature officielle de l’accord prévue vendredi afin de permettre les opérations de déminage.
Une forte baisse des cours du brut
À la suite de ces annonces, les marchés pétroliers ont réagi à la baisse.
Le baril de Brent pour livraison en août perdait près de 5 % pour s’établir à 83,12 dollars. De son côté, le baril de West Texas Intermediate (WTI) reculait de plus de 5 % à 80,46 dollars, tombant brièvement sous le seuil des 80 dollars pour la première fois depuis plusieurs mois.
Selon les analystes, cette correction reste toutefois limitée car les investisseurs anticipaient déjà une issue diplomatique depuis plusieurs semaines.
Un retour à la normale encore incertain
Pour les spécialistes du marché, la question principale concerne désormais le délai nécessaire au retour complet de la stabilité dans le golfe Persique.
Les acteurs du secteur devront reconstituer les stocks, restaurer certaines réserves stratégiques et répondre à une demande restée en attente durant la période de tensions.
Par ailleurs, plusieurs observateurs soulignent que le risque d’un échec des négociations n’est pas totalement écarté. Une détérioration du processus diplomatique pourrait rapidement faire remonter les prix du pétrole en raison d’une nouvelle prime de risque géopolitique.
L’OPEP revoit également ses prévisions à la baisse
Cette baisse des cours intervient alors que l’Organisation des pays exportateurs de pétrole a récemment réduit ses prévisions de croissance de la demande mondiale de pétrole pour 2026.
Dans son dernier rapport, publié vendredi, l’organisation estime désormais que la demande mondiale augmentera d’environ un million de barils par jour l’an prochain, contre 1,2 million de barils par jour anticipés précédemment.
Cette révision traduit les inquiétudes persistantes concernant le ralentissement de l’économie mondiale et ses répercussions sur la consommation d’énergie.
