Face aux difficultés persistantes d’accès à l’électricité dans les zones rurales d’Afrique de l’Ouest, le Parlement de la CEDEAO a ouvert, à Dakar, une réunion délocalisée de sa commission mixte consacrée aux énergies renouvelables et à l’électrification rurale. Organisée du 15 au 19 juin, cette rencontre vise à identifier des solutions concrètes pour améliorer l’accès à l’énergie dans les territoires les plus enclavés de la région.
Un enjeu majeur pour le développement rural
En effet, plusieurs millions d’habitants ouest-africains vivent encore sans accès à une électricité fiable et abordable. Cette situation constitue un frein important au développement des zones rurales. Ainsi, des secteurs stratégiques comme l’agriculture, l’éducation, la santé ou encore l’inclusion numérique continuent de souffrir du déficit énergétique.
C’est dans ce contexte que parlementaires, représentants des institutions communautaires, responsables gouvernementaux, partenaires techniques et financiers, ainsi qu’acteurs du secteur privé, se sont réunis dans la capitale sénégalaise afin d’échanger sur les meilleures stratégies à adopter.
Le solaire au cœur des discussions
Placée sous le thème « Exploiter les énergies renouvelables pour l’électrification rurale et le renforcement des économies rurales dans la région CEDEAO : le rôle du Parlement de la CEDEAO », la rencontre accorde une place centrale aux solutions énergétiques durables.
À cet égard, les participants examinent plusieurs options, notamment les mini-réseaux solaires, les systèmes hybrides et les installations solaires autonomes. Ces technologies apparaissent aujourd’hui comme des alternatives efficaces pour desservir les communautés éloignées des réseaux électriques conventionnels.
Par ailleurs, les experts soulignent que le recours aux énergies renouvelables permet non seulement d’améliorer l’accès à l’électricité, mais aussi de stimuler les activités économiques locales et de favoriser la création d’emplois.
Évaluer les politiques régionales existantes
En outre, les travaux portent sur les différents mécanismes déjà mis en place par la CEDEAO. Les participants analysent notamment la politique régionale des énergies renouvelables, les programmes d’efficacité énergétique ainsi que les instruments du marché régional de l’électricité.
L’objectif est double : d’une part, identifier les obstacles qui ralentissent encore les progrès en matière d’électrification rurale et, d’autre part, proposer des mesures susceptibles d’accélérer les investissements dans les infrastructures énergétiques.
Une immersion au plus près des bénéficiaires
Parallèlement aux débats, les parlementaires effectueront une visite de terrain dans une installation d’énergie renouvelable au Sénégal. Cette immersion leur permettra d’observer concrètement les effets de l’électrification sur les populations rurales.
Ils rencontreront notamment des entrepreneurs locaux, des associations de femmes et de jeunes ainsi que des bénéficiaires des projets énergétiques. Ainsi, ils pourront mieux évaluer l’impact de l’accès à l’électricité sur les conditions de vie, la scolarisation, les activités économiques et l’autonomisation des communautés.
Des recommandations attendues pour l’avenir
Enfin, les membres de la commission mixte devraient adopter plusieurs recommandations à l’issue des travaux. Celles-ci viseront notamment à renforcer les politiques énergétiques régionales, à encourager davantage d’investissements dans les infrastructures rurales et à améliorer le suivi parlementaire des programmes de la CEDEAO.
À travers cette initiative, l’organisation sous-régionale réaffirme sa volonté d’atteindre l’objectif d’un accès universel à une énergie durable et abordable d’ici 2030. Plus largement, elle entend faire des énergies renouvelables un levier essentiel de développement économique et social pour les populations rurales d’Afrique de l’Ouest.
