Une enquête menée pendant plusieurs mois par la Division spéciale de cybersécurité (DSC), sous la supervision du procureur Saliou Dicko, a révélé un présumé système de détournement de fonds et d’extorsion visant l’aide financière destinée aux victimes des inondations de 2025. Le coordonnateur du Projet d’appui à la protection sociale adaptative (PAPSA) et plusieurs superviseurs ont été interpellés.

Un système présumé de fraude autour de l’aide aux sinistrés

Les investigations de la Division spéciale de cybersécurité (DSC) ont mis au jour un vaste réseau présumé de détournement des fonds alloués aux ménages victimes des inondations de 2025. Cette assistance financière, gérée par le Fonds de solidarité nationale (FSN) dans le cadre du Projet d’appui à la protection sociale adaptative (PAPSA), aurait fait l’objet de nombreuses irrégularités.

Selon les informations rapportées par Libération, le réseau s’appuyait sur deux procédés. D’une part, des personnes non sinistrées étaient frauduleusement inscrites sur les listes des bénéficiaires. D’autre part, les victimes éligibles étaient contraintes de céder une grande partie de l’aide qui leur était destinée.

Des superviseurs réengagés de manière informelle

D’après le quotidien, B. Guèye, coordonnateur du PAPSA et du projet « Yokk Kom Kom » dans les régions de Dakar et de Thiès, aurait profité de l’expiration des contrats de plusieurs superviseurs, en juin 2025, pour les réengager de manière informelle.

Il leur aurait ensuite demandé d’inscrire des proches sur les listes des bénéficiaires et de prélever 150 000 FCFA sur les 200 000 FCFA attribués à chaque sinistré. Une partie des sommes ainsi récupérées lui aurait ensuite été reversée, selon les éléments de l’enquête.

Plusieurs arrestations et des investigations qui se poursuivent

À l’issue des investigations, les enquêteurs ont procédé à l’arrestation de B. Guèye ainsi que de plusieurs superviseurs, notamment Kh. Faye, S. Sylla, F. S. Diouf et M. Diouf.

Les suspects ont été placés en garde à vue pour détournement de fonds publics, extorsion de fonds, faux et usage de faux, ainsi qu’association de malfaiteurs. Les enquêteurs poursuivent également B. Guèye pour abus de fonctions.

Par ailleurs, les investigations se poursuivent. Elles portent déjà sur plus de 1 000 victimes recensées dans la banlieue dakaroise, selon la même source.

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