Le malaise social s’accentue au sein de la Société d’exploitation du Train Express Régional (Seter). Dans un communiqué, le Collège des délégués du personnel accuse la direction de multiplier les pressions contre les salariés mobilisés et de porter atteinte à l’exercice de leur mandat. Les représentants des travailleurs réclament l’ouverture d’un dialogue social pour répondre à des revendications qu’ils estiment ignorées depuis plusieurs mois.
Des pressions dénoncées contre les salariés mobilisés
Le climat social continue de se dégrader à la Société d’exploitation du Train Express Régional (Seter). Dans un communiqué consulté par Les Échos, le Collège des délégués du personnel affirme que plusieurs salariés ont subi des pressions après avoir porté un brassard rouge, symbole d’une mobilisation qu’il qualifie de pacifique et conforme au Code du travail.
Cette mobilisation est intervenue au moment de la visite de hautes autorités de l’État sur l’axe Diamniadio–Aéroport international Blaise Diagne (AIBD). Selon les délégués, plusieurs conducteurs ont alors été interpellés et entendus par les gendarmes, une situation qui, selon eux, a renforcé le sentiment d’inquiétude parmi les employés.
Les délégués dénoncent des entraves à leur mandat
Par ailleurs, les représentants du personnel accusent la direction d’entraver l’exercice de leurs fonctions. Ils affirment que les serrures de leur salle de travail ont été changées sans qu’ils en soient informés, les privant ainsi de leur espace de travail institutionnel.
Ils dénoncent également le blocage de leur groupe de messagerie interne, estimant que cette décision limite leur capacité à communiquer avec les travailleurs et à assurer pleinement leur mission de représentation.
Des revendications sociales toujours sans réponse
Pour les délégués, cette mobilisation reflète un malaise social installé depuis plusieurs mois. Ils pointent notamment la dégradation des conditions de vie et de travail, un manque de considération envers les salariés et leurs représentants, ainsi que l’absence de réponses à plusieurs revendications.
Les travailleurs réclament notamment une meilleure reconnaissance de la pénibilité de leur métier, l’instauration d’une prime de risque et davantage de transparence dans les promotions internes. Ils s’inquiètent également de la détérioration de l’état de santé de certains employés, alors que la moyenne d’âge du personnel n’est que de 34 ans.
Un appel à une convention collective adaptée au secteur ferroviaire
Enfin, le Collège des délégués estime que l’extension du réseau ferroviaire vers l’Aéroport international Blaise Diagne et la future mise en service de la gare de Sébikotane rendent encore plus urgente une réforme du cadre social.
Les représentants des travailleurs rappellent que les cheminots restent soumis à la convention collective des transports routiers, qu’ils jugent inadaptée aux réalités du transport ferroviaire. Ils demandent ainsi l’adoption d’une convention collective spécifique au secteur et appellent la direction à engager un dialogue social inclusif afin de restaurer durablement un climat de confiance au sein de la Seter.

