Saint-Louis toujours exposée aux risques d’inondation

En tournée nationale de préparation de l’hivernage, le directeur général de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (Onas), Séni Diène, a effectué, mardi 30 juin, une visite de plusieurs sites sensibles de Saint-Louis. Malgré d’importantes infrastructures d’assainissement, la configuration topographique de certains quartiers, notamment Pikine, ainsi que l’urbanisation anarchique et les comportements inciviques continuent d’alimenter les risques d’inondation.

Chaque hivernage, Saint-Louis figure parmi les villes les plus touchées par les fortes pluies. Le quartier de Pikine reste particulièrement vulnérable et symbolise les difficultés persistantes en matière d’assainissement.

Des infrastructures importantes, mais des contraintes persistantes

Accompagné des autorités administratives, des élus locaux, des délégués de quartier et des acteurs communautaires, Séni Diène a salué la mobilisation des différents intervenants.

« Toutes les composantes qui doivent agir contre les inondations sont réunies. Nous avons également constaté l’engagement grandissant des acteurs communautaires qui prennent des initiatives pour contribuer à cette lutte », a-t-il déclaré.

Le directeur général de l’Onas a rappelé que Saint-Louis dispose de :

  • 120 kilomètres de réseau d’eaux usées ;
  • 40 kilomètres de réseau pluvial ;
  • 8 stations de pompage ;
  • une quinzaine de stations dédiées aux eaux pluviales.

Malgré ces équipements, plusieurs contraintes limitent leur efficacité.

« Cette zone présente une topographie très basse, proche du niveau zéro marin, ce qui rend l’évacuation des eaux vers le fleuve particulièrement difficile », a expliqué Séni Diène.

Il a également évoqué l’urbanisation non planifiée, qui complique l’accès de certains quartiers aux engins d’intervention.

Des travaux en cours à Pikine

À Pikine, l’Onas poursuit les travaux du projet des « 10 villes » afin d’améliorer l’évacuation des eaux pluviales.

Une conduite de refoulement de 400 mètres est actuellement en cours de réalisation pour contourner le principal point critique.

Selon Séni Diène, les travaux affichent un taux d’exécution compris entre 70 % et 75 %. Leur achèvement est attendu avant le 15 juillet, juste avant les fortes pluies.

« Les conséquences des inondations devraient être d’une ampleur moindre par rapport aux années précédentes », a-t-il assuré.

L’Onas appelle les populations à protéger les ouvrages

Au-delà des investissements, le directeur général de l’Onas estime que la réussite de la lutte contre les inondations dépend aussi du comportement des citoyens.

Il a dénoncé l’utilisation des canalisations comme dépotoirs, un phénomène qui complique les opérations de curage.

« Nous demandons aux populations de s’approprier ces ouvrages, de les protéger et de les défendre. Tant que cette implication citoyenne ne sera pas totale, nous reviendrons chaque année traiter les mêmes problèmes. Les canaux ne sont pas des dépotoirs ; on y retrouve des filets de pêche, des déchets et même des abats d’animaux », a regretté Séni Diène.

Il a invité les délégués de quartier, les organisations communautaires et la mairie à intensifier les campagnes de sensibilisation afin d’ancrer une véritable culture de protection des infrastructures publiques.

Une responsabilité partagée

Pour le directeur général de l’Onas, la réduction durable des inondations à Saint-Louis passe par une combinaison d’investissements publics, d’une meilleure implication des collectivités territoriales et d’un engagement citoyen plus fort.

Une approche qu’il juge indispensable pour limiter durablement la vulnérabilité de quartiers comme Pikine face aux intempéries.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *