En ouvrant le Forum international sur le développement durable des transports maritimes et de la logistique dans l’économie bleue, le président Bassirou Diomaye Faye a dévoilé sa vision d’un Sénégal tourné vers la mer. Modernisation des infrastructures, souveraineté maritime, formation des compétences et investissements structurants constituent les principaux leviers d’une stratégie destinée à positionner le pays comme une plateforme maritime majeure en Afrique.

La mer au cœur de la stratégie de développement

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a présidé, ce lundi, la cérémonie d’ouverture du Forum international sur le développement durable des transports maritimes et de la logistique dans l’économie bleue. Face aux mutations économiques, climatiques et géopolitiques, le chef de l’État a appelé à une transformation profonde du secteur maritime, qu’il considère comme un moteur essentiel de la souveraineté nationale et de la croissance économique. « Les mutations profondes qui traversent notre monde, les défis climatiques, les impératifs de souveraineté économique ainsi que les exigences de durabilité nous appellent à repenser nos modèles de développement », a-t-il déclaré, saluant l’initiative du ministère des Pêches et de l’Économie maritime ainsi que l’engagement de la ministre Amy Mara.

L’économie bleue, un levier de croissance et de souveraineté

Pour le président de la République, l’économie bleue dépasse désormais le seul cadre de l’exploitation des ressources marines. Elle constitue, selon lui, un levier stratégique de croissance, un instrument de souveraineté, un facteur de stabilité et une réponse aux défis du XXIᵉ siècle. Bassirou Diomaye Faye a rappelé que le Sénégal dispose de près de 750 kilomètres de façade maritime ainsi que d’un important réseau fluvio-lacustre, des atouts encore insuffisamment exploités. Entre 2022 et 2024, les activités portuaires ont généré près de 700 milliards de francs CFA, soit environ 4 % du produit intérieur brut, tout en soutenant 170 000 emplois. « La mer, chez nous, est déjà un moteur d’économie réelle. Notre devoir est d’en démultiplier la portée », a affirmé le chef de l’État.

Faire du Sénégal une plateforme maritime de référence

Inscrite dans l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050, cette ambition repose sur plusieurs axes prioritaires : la modernisation des infrastructures portuaires, le développement des corridors logistiques, la promotion d’un transport maritime durable, le renforcement de la sécurité maritime, la formation des ressources humaines et la préservation des écosystèmes. « Notre cap est clair : faire du Sénégal une plateforme africaine de référence en matière de transports maritimes, fluviomaritimes et de logistique », a insisté le président. Il a également affirmé que le Sénégal entend désormais exercer pleinement sa souveraineté sur son espace maritime, estimant que celle-ci constitue désormais un enjeu aussi stratégique que la maîtrise du territoire terrestre.

Des projets structurants pour soutenir la transformation

Le chef de l’État a confirmé la poursuite de plusieurs projets d’envergure destinés à renforcer les capacités logistiques du pays. Parmi les chantiers prioritaires figurent le port en eau profonde de Ndayane, appelé à accueillir les plus grands porte-conteneurs, le projet Jaambar, destiné à moderniser le Port autonome de Dakar, ainsi que le futur port minéralier et vraquier de Bargny-Sendou, qui accompagnera le développement du secteur extractif. Le président a également annoncé la modernisation des ports de pêche, tant principaux que secondaires, afin d’améliorer les conditions de travail des professionnels du secteur et de stimuler les investissements privés. Ces infrastructures seront complétées par le développement de corridors logistiques destinés à mieux connecter les zones agricoles, industrielles, minières ainsi que les territoires enclavés et insulaires.

Former les compétences de l’économie bleue

La formation des ressources humaines occupe une place centrale dans cette stratégie. Bassirou Diomaye Faye a annoncé la création d’une grande école des métiers de l’économie bleue, appelée à évoluer vers une université spécialisée. L’établissement formera des professionnels dans les domaines de la navigation, de la gestion portuaire, de la construction et de la réparation navales, de la pêche durable, de l’aquaculture, de l’ingénierie maritime et de la logistique. Le président a également insisté sur la nécessité d’accélérer la digitalisation des chaînes logistiques afin d’améliorer leur efficacité, leur traçabilité et leur compétitivité, tout en favorisant une plus grande participation des femmes aux différentes filières de l’économie bleue.

Une gouvernance maritime intégrée

Abordant les défis liés à la pollution marine, à l’érosion côtière, à la pêche illicite, à la piraterie et aux effets du changement climatique, le chef de l’État a plaidé pour une gouvernance maritime plus intégrée et plus responsable. Le Sénégal entend renforcer sa coopération avec ses partenaires et considère la ratification de la Charte de Lomé comme un levier important pour améliorer la sécurité et la gouvernance des espaces maritimes africains. Le président a également appelé à mobiliser des financements innovants, notamment à travers les obligations bleues, afin de soutenir les investissements dans une économie maritime durable.

Un appel à l’action

En clôturant son allocution, Bassirou Diomaye Faye a invité les États, les partenaires techniques et financiers ainsi que les investisseurs à unir leurs efforts pour bâtir une économie bleue compétitive, durable et inclusive. « L’heure n’est plus aux seuls constats. L’heure est à l’action », a-t-il lancé, avant de conclure par une maxime inspirée de la tradition lébou : « La mer n’oublie jamais ceux qui la respectent. Respectons-la. Préservons-la. Valorisons-la avec intelligence, responsabilité et ambition. »

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *