Les violences ciblées se poursuivent dans le nord du Mali. Lundi en fin de journée, des hommes armés attribués au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), affilié à al-Qaïda, ont exécuté Abdoulaye Tandina, une figure bien connue de Tonka, dans la région de Tombouctou. Avec ce nouveau meurtre, le Jnim porte à quatre le nombre d’assassinats ciblés commis dans cette localité en un peu plus de huit mois.

Une personnalité respectée

Les habitants de Tonka connaissaient Abdoulaye Tandina sous les surnoms de « Badou Wayé » (« le boucher » en songhaï) ou « Abba ». Ils appréciaient sa proximité avec la population. Issu d’une famille de bouchers de Tombouctou, il vivait à Tonka depuis près de quarante ans et avait dirigé, pendant plusieurs années, la corporation des bouchers de la ville.

Selon plusieurs témoignages, des hommes armés l’ont intercepté sur le marché où il exerçait son activité avant de l’emmener à quelques mètres de là et de l’exécuter en bordure de route. Ce drame a profondément bouleversé sa famille ainsi que les habitants de la commune.

Un mobile toujours inconnu

Pour l’heure, ses proches ne comprennent toujours pas les raisons de cet assassinat. Selon eux, Abdoulaye Tandina n’affichait aucune position politique, contrairement à certaines victimes précédemment ciblées.

Toutefois, un membre de sa famille précise qu’il était le cousin de l’actuel président de la délégation spéciale de Tombouctou, qui exerce les fonctions de maire en l’absence d’élections. À ce stade, rien ne permet toutefois d’établir un lien entre cette parenté et son exécution.

Une série de meurtres ciblés

Par ailleurs, ce nouvel assassinat s’inscrit dans une série de violences qui secouent Tonka depuis plusieurs mois. Fin mars, des hommes armés ont tué un responsable

de l’association des jeunes de la localité. En juin, ils ont également assassiné un maître coranique.

Quelques mois plus tôt, en novembre 2025, les jihadistes avaient exécuté publiquement Mariam Cissé, une jeune créatrice de contenus connue pour son soutien à l’armée malienne. Ce meurtre avait suscité une vive émotion à travers le pays.

Pour l’heure, ni le gouvernorat de Tombouctou ni l’armée malienne n’ont réagi à ce nouvel assassinat.

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