Une nouvelle mesure pour mieux protéger la dignité des personnes détenues

L’Administration pénitentiaire sénégalaise veut mettre fin à la fouille à nu systématique des détenus lors de leur admission en prison. Dans une note de service publiée ce lundi 10 août 2026, le Directeur général de l’Administration pénitentiaire, l’inspecteur Aliou Ciss, demande aux responsables des établissements pénitentiaires de prendre les dispositions nécessaires pour appliquer cette nouvelle mesure.

La fouille reste autorisée pour des raisons de sécurité

L’Administration pénitentiaire rappelle que la fouille constitue un moyen légal de prévention et de sécurité dans les établissements pénitentiaires. Elle permet notamment de prévenir l’introduction d’objets ou de produits prohibés et de protéger les agents, les détenus ainsi que les usagers des prisons.

Au Sénégal, cette pratique s’appuie notamment sur les articles 135 et 177 du décret n°2001-362 du 4 mai 2001 relatif aux procédures d’exécution et d’aménagement des sanctions pénales. Elle est également encadrée par les Règles 50 à 52 de l’Ensemble de règles minima des Nations unies pour le traitement des détenus, communément appelées « Règles Mandela ».

Toutefois, l’Administration pénitentiaire estime que les modalités de fouille doivent évoluer afin de mieux préserver la dignité des personnes détenues.

La fouille à nu jugée « humiliante » et « dégradante »

Dans sa note, le Directeur général reconnaît le caractère problématique de certaines pratiques, notamment la fouille par palpation, la fouille à nu ainsi que les fouilles des locaux et des colis.

L’administration porte une attention particulière à la fouille à nu, qu’elle qualifie d’« humiliante, dégradante et portant atteinte à la dignité humaine ».

Désormais, les agents devront donc effectuer toute fouille « avec tact, sans brutalité, dans une parfaite correction et dans le respect de la dignité de la personne humaine ». La note rappelle également que l’agent chargé de la fouille doit être du même sexe que la personne concernée.

Une fouille à l’admission désormais limitée aux cas nécessaires

Concrètement, la nouvelle directive modifie les conditions de fouille des détenus à leur arrivée dans les établissements pénitentiaires.

Les responsables devront notamment désigner un cadre chargé de superviser les opérations et aménager des locaux ou des box individuels afin de permettre une fouille respectueuse de l’intimité des nouveaux détenus.

Surtout, l’Administration pénitentiaire demande de ne plus procéder systématiquement à une fouille intégrale lors de l’admission. Les agents devront éviter de déshabiller complètement les détenus et effectuer la fouille en leur laissant leur culotte.

Cette mesure vise ainsi à concilier les impératifs de sécurité avec le respect de la dignité et de l’intimité des personnes incarcérées.

Une fouille à nu maintenue dans des situations exceptionnelles

La nouvelle directive ne supprime toutefois pas totalement la fouille à nu. L’Administration pénitentiaire prévoit des exceptions lorsqu’il existe une « présomption précise d’infraction » ou un risque avéré pour la sécurité.

Dans ces situations, si la palpation au-dessus des sous-vêtements ne permet pas de lever les soupçons, une fouille à nu pourra exceptionnellement être réalisée.

La mesure repose donc désormais sur un principe de nécessité : la fouille intégrale ne doit plus constituer une pratique automatique à l’entrée en prison, mais intervenir uniquement lorsque les circonstances le justifient.

Les établissements appelés à appliquer strictement la directive

L’inspecteur Aliou Ciss demande enfin aux responsables des établissements pénitentiaires de veiller au « strict respect » de la nouvelle note de service.

Entrée en vigueur dès sa date de signature, cette directive marque ainsi une volonté de renforcer l’humanisation des pratiques pénitentiaires au Sénégal, tout en maintenant les dispositifs nécessaires à la sécurité des établissements.

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