Nommé président du Conseil constitutionnel le 13 juillet 2026, en remplacement de feu Mamadou Badio Camara, le magistrat Ousmane Diagne a officiellement pris ses fonctions ce mardi 11 août. Il a prêté serment lors d’une cérémonie solennelle organisée dans la salle d’audience de la Cour suprême.

« La loyauté sera le principe directeur de mon action »

Le magistrat Ousmane Diagne dirige désormais officiellement le Conseil constitutionnel. Nommé membre et président de l’institution par décret le 13 juillet 2026, il a prêté serment ce mardi 11 août.

Lors de son discours, l’ancien ministre de la Justice a d’abord exprimé sa gratitude pour la confiance placée en lui. Il a toutefois insisté sur le poids de la responsabilité qui accompagne cette fonction.

« En prenant place aujourd’hui à sa présidence, j’ai ressenti davantage le poids de la responsabilité que la satisfaction de l’accomplissement que cette charge implique », a-t-il déclaré.

Ousmane Diagne a ensuite rendu hommage à ses prédécesseurs. Selon lui, ces derniers ont contribué à asseoir l’autorité et la crédibilité du Conseil constitutionnel.

« Ils ont montré que le juge constitutionnel était véritablement à la hauteur de sa mission et que, malgré les difficultés de tous ordres, il devait rester fidèle à sa mission », a-t-il souligné.

Le nouveau président a également remercié les autorités judiciaires et les membres du Conseil constitutionnel. Il a notamment salué leur expérience et leur attachement à l’institution.

« Je connais votre expérience et votre attachement à cette institution. Je mesure la chance qui est la mienne de vous servir, dans le respect de nos différences d’analyse, mais toujours dans l’unité de notre mission », a-t-il déclaré à ses collègues.

Pour Ousmane Diagne, la solidité des institutions dépend avant tout de la loyauté de ceux qui les servent.

« Les institutions ne tirent pas leur force de la puissance des personnes, mais de la loyauté avec laquelle celles-ci les servent », a-t-il affirmé.

Il entend ainsi placer cette valeur au cœur de son mandat. « Cette loyauté sera donc le principe directeur de mon action : loyauté à la Constitution, loyauté à l’État de droit et loyauté au principe d’indépendance du juge constitutionnel », a-t-il ajouté.

Le Conseil constitutionnel, gardien des droits et libertés

Dans son discours, Ousmane Diagne a également rappelé les principales missions du Conseil constitutionnel. Il a notamment insisté sur la protection des droits et libertés garantis par la Constitution.

« C’est à cette institution qu’il revient de protéger les droits et libertés que la Constitution consacre et de nous rappeler, chaque fois que nécessaire, que le pouvoir ne trouve sa légitimité que dans le respect du droit », a-t-il déclaré.

Le magistrat considère aussi l’institution comme un acteur essentiel de la consolidation de la démocratie sénégalaise.

Selon lui, le Conseil constitutionnel ne se limite pas à appliquer les règles constitutionnelles lorsqu’il examine les recours électoraux ou proclame les résultats définitifs des élections.

« Il protège la souveraineté et la dignité des citoyens », a-t-il expliqué.

Par ailleurs, Ousmane Diagne a souligné le rôle de régulation du Conseil constitutionnel dans le fonctionnement des pouvoirs publics. L’institution veille notamment au respect de la Constitution et contribue ainsi à préserver l’équilibre entre les pouvoirs.

« Il ne gouverne pas, il ne légifère pas et il ne juge pas de l’opportunité des politiques publiques », a-t-il rappelé.

« Indépendant dans son jugement, impartial dans ses décisions »

Le nouveau président du Conseil constitutionnel a, en outre, pris un engagement solennel envers la République et la Constitution.

« En prenant aujourd’hui possession de mes fonctions, je ne suis pas seulement engagé à respecter un texte. J’ai pris un engagement à mon devoir et à ma conscience de la République », a-t-il déclaré.

Ousmane Diagne a toutefois précisé que cette responsabilité ne reposera pas uniquement sur ses épaules. Elle concernera l’ensemble de l’institution, de ses membres à son administration, en passant par ses cadres et son personnel.

« Cette responsabilité ne sera jamais celle d’un seul membre. Elle sera celle d’une institution entière, de ses membres, de ses cadres, de son administration et de l’ensemble de son personnel », a-t-il affirmé.

Pour son mandat, le nouveau président ambitionne ainsi de renforcer la confiance des citoyens dans le Conseil constitutionnel. Il souhaite que les décisions de l’institution continuent d’inspirer confiance et sérénité.

Enfin, Ousmane Diagne a formulé le vœu de voir le Conseil constitutionnel rester fidèle à ses principes fondamentaux.

« Je forme le vœu que jamais le Conseil constitutionnel ne cesse d’être ce qu’il doit être : indépendant dans son jugement, impartial dans ses décisions, mesuré dans son expression, ferme dans ses principes et intransigeant dans son attachement à la Constitution de la République », a-t-il conclu.

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