À Yeumbeul Asecna, une cohabitation peu ordinaire entre deux ex-époux a pris une tournure judiciaire. Divorcés depuis huit ans après plus de trente ans de mariage, B. Diacko, alias « mère Soya », 44 ans, et M. Seck, 62 ans, continuaient pourtant à vivre sous le même toit. Leur quotidien a basculé après la découverte de produits cellulosiques lors d’une perquisition menée à leur domicile.

Une cohabitation qui intrigue

Selon L’Observateur, B. Diacko et M. Seck avaient conservé une forme de vie commune malgré leur divorce. Les deux anciens conjoints occupaient des chambres séparées au sein de la même concession familiale, à Yeumbeul Asecna.

C’est précisément dans cette maison que les forces de l’ordre les ont interpellés dans le cadre d’une enquête portant sur un présumé trafic de diluant cellulosique. Les deux prévenus ont ensuite comparu devant le Tribunal de Pikine-Guédiawaye.

Une perquisition après un renseignement

L’affaire a débuté après un renseignement faisant état de la vente de produits cellulosiques à des mineurs. Alertées, les forces de l’ordre se sont rendues sur place pour procéder à une intervention.

L’opération a toutefois rapidement dégénéré en tension. D’après le journal, M. Seck aurait tenté de s’opposer aux policiers au moment de leur intervention.

La perquisition a finalement permis aux enquêteurs de découvrir, dissimulée « derrière du linge usé », une caisse contenant 13 bouteilles de diluant. Les policiers ont également trouvé une sacoche contenant de l’argent.

Les deux ex-conjoints se rejettent la responsabilité

Devant les juges, les prévenus ont nié toute implication dans les faits qui leur étaient reprochés. Déjà, lors de l’enquête préliminaire, chacun avait rejeté la responsabilité sur l’autre.

B. Diacko accusait notamment son ex-mari de consommer du « guinz ». De son côté, M. Seck la désignait comme la personne directement impliquée dans la vente des produits.

Interrogé sur son opposition présumée aux policiers, le maçon de 62 ans a également contesté les faits qui lui étaient reprochés. « Le policier m’a insulté avant de m’ordonner d’ouvrir la porte. Si c’était son père, il ne lui aurait pas parlé de cette façon », a-t-il déclaré à la barre.

La défense conteste les procès-verbaux

Pour leur part, les avocats de la défense ont vivement contesté la régularité des procès-verbaux. Ils ont notamment insisté sur le fait que les deux prévenus sont analphabètes.

Les conseils ont également souligné qu’« aucun des deux n’a été retrouvé avec les bouteilles en main ». Selon eux, les enquêteurs ne pouvaient donc pas attribuer automatiquement les produits saisis aux deux prévenus.

La défense a, en outre, mis en avant la configuration de la concession. Le domicile abrite huit enfants et leurs belles-filles et accueille régulièrement des proches ainsi que des charretiers. Dans ces conditions, les avocats estiment que plusieurs personnes pouvaient avoir accès aux lieux où les produits ont été découverts.

Le tribunal rend son verdict

Au terme des débats, le Tribunal de Pikine-Guédiawaye a néanmoins retenu les charges contre les deux ex-conjoints, mais avec des qualifications et des peines différentes.

M. Seck a été reconnu coupable de détention de drogue en vue d’usage. Le tribunal l’a condamné à un mois de prison ferme, assorti d’une amende de 50 000 FCFA.

De son côté, « mère Soya » a écopé d’une peine plus lourde. Reconnue coupable d’offre ou cession de drogue, elle a été condamnée à deux ans de prison ferme.

Ainsi, une cohabitation familiale qui avait survécu au divorce s’est finalement achevée derrière les barreaux, sur fond d’accusations croisées et de découverte de produits prohibés au domicile des deux ex-époux.

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