Plusieurs soldats nigériens ont été tués vendredi lors d’une attaque contre des positions sécuritaires à Séguédine. Le Mouvement patriotique pour la liberté et la justice (MPLJ) a revendiqué l’opération.
Des positions sécuritaires attaquées
Des assaillants ont ciblé vendredi plusieurs positions des forces nigériennes à Séguédine, dans l’extrême nord-est du pays.
Cette petite localité-oasis se trouve dans le département de Bilma. Elle constitue notamment un point de passage pour les migrants en direction de la Libye et de l’Europe.
« Il y a eu plusieurs morts et des dégâts », a indiqué dimanche une source sécuritaire à l’AFP. Les autorités nigériennes n’avaient toutefois pas encore communiqué officiellement sur l’attaque.
Un habitant de Bilma a également confirmé la violence des affrontements. Selon lui, les assaillants ont incendié une partie du camp militaire et plusieurs véhicules.
Le MPLJ revendique l’opération
Le Mouvement patriotique pour la liberté et la justice a revendiqué l’attaque samedi.
Dans un communiqué publié sur Facebook, le groupe affirme avoir tué 15 membres des Forces de défense et de sécurité nigériennes. L’AFP n’a cependant pas pu vérifier ce bilan auprès de sources indépendantes.
Le MPLJ affirme avoir ciblé le camp de la Garde nationale. Il revendique également une attaque contre un poste mixte regroupant policiers, gendarmes et douaniers.
Par ailleurs, le mouvement affirme avoir causé d’importants dégâts matériels. Il dit aussi avoir récupéré plusieurs véhicules, des armes et des munitions.
Une zone stratégique
Séguédine occupe une position stratégique dans le nord-est du Niger. La localité se situe notamment sur des routes empruntées par les migrants vers la Libye.
La région présente également un intérêt majeur pour le secteur pétrolier. Depuis deux ans, le MPLJ mène régulièrement des attaques contre l’oléoduc reliant les champs pétroliers nigériens au port béninois de Sèmè-Kpodji.
Long d’environ 2 000 kilomètres, cet ouvrage joue un rôle essentiel dans les exportations de pétrole du Niger.
En février, l’armée nigérienne avait repoussé vers le Tchad une attaque attribuée au MPLJ contre cette infrastructure. L’opération avait visé la zone nord-est, où se trouvent plusieurs puits de pétrole.
Le MPLJ réclame un retour à l’ordre constitutionnel
Le MPLJ soutient Mohamed Bazoum, renversé par un coup d’État en juillet 2023. L’ancien président reste détenu depuis son éviction du pouvoir.
Niamey considère le MPLJ et son chef, Moussa Konaï, comme des « terroristes ».
De son côté, le mouvement réclame notamment le retour à l’ordre constitutionnel. Le général Abdourahamane Tiani dirige le Niger depuis le coup d’État de juillet 2023.

