Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans la mise en œuvre de sa stratégie d’industrialisation. Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Dr Serigne Guèye Diop, a présidé lundi 17 août 2026 à Dakar un atelier consacré à la mise en place du Conseil national de l’Industrialisation (CNI) et au lancement de la mission d’élaboration du premier Contrat-Programme de la filière arachide et autres oléagineux.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la Politique industrielle et commerciale Sénégal 2050 (PICS 2050). Elle poursuit un double objectif : améliorer la gouvernance de la politique industrielle et accélérer la transformation structurelle de la filière arachide, considérée comme stratégique pour l’économie nationale.

Faire de l’arachide un moteur de transformation

Première culture de rente du Sénégal, l’arachide constitue une importante source de revenus pour des centaines de milliers de familles. Malgré son poids économique et social, la filière reste confrontée à plusieurs difficultés, notamment la collecte industrielle, la viabilité des huileries, la faiblesse des capacités de transformation locale et la dépendance du marché national aux importations d’huiles végétales.

À travers le futur Contrat-Programme, les autorités ambitionnent d’apporter des réponses durables à ces contraintes. Il s’agira notamment de mieux valoriser la production nationale, d’accroître les capacités de transformation et de renforcer l’offre industrielle destinée au marché intérieur.

L’enjeu est également de faire davantage profiter l’économie nationale de la valeur créée autour de l’arachide, en favorisant la transformation locale plutôt que l’exportation de produits à faible valeur ajoutée.

Une démarche basée sur la concertation

Pour élaborer ce Contrat-Programme, le gouvernement entend associer l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur. Producteurs, industriels, opérateurs économiques, administrations, institutions financières ainsi que partenaires techniques et financiers devraient participer aux différentes étapes du processus.

Le document devra définir des engagements précis, datés et assortis d’un mécanisme de suivi, afin de garantir une meilleure évaluation des résultats et une plus grande responsabilisation des parties prenantes.

La création du Conseil national de l’Industrialisation doit, dans cette dynamique, contribuer à renforcer la coordination et le suivi de la politique industrielle nationale.

Avec ces deux initiatives, l’État veut donner une nouvelle impulsion à l’industrialisation du pays en s’appuyant davantage sur les ressources nationales. Pour la filière arachide, l’ambition est claire : transformer davantage sur place, créer plus de valeur et renforcer la souveraineté économique du Sénégal.

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