En tournée officielle en Casamance, le ministre des Forces armées, Yankhoba Diémé, a consacré sa première journée à une série d’audiences avec les rois, chefs religieux, autorités coutumières et représentants des communautés locales. Porteur d’un message du président de la République, il a réaffirmé la poursuite des projets du Plan Diomaye, tout en rappelant les responsabilités régaliennes de l’État en matière de sécurité, de liberté et de cohésion sociale.
Une tournée placée sous le signe du dialogue
Dès le début de sa tournée, Yankhoba Diémé a multiplié les rencontres avec les autorités traditionnelles et religieuses de la Casamance. Le ministre a notamment été reçu par le roi d’Oussouye et sa cour, le roi de Kalabone, le roi de Mlomp, ainsi que par les gardiens du bois sacré et plusieurs chefs de villages.
À chacun de ses interlocuteurs, le ministre a délivré un message similaire : le gouvernement entend poursuivre les projets engagés dans le cadre du Plan Diomaye, malgré les contraintes liées à l’hivernage.
Ainsi, les travaux sur les axes Ziguinchor–Kassak et Oussouye–Boulomb, de même que le projet du futur pont de Ziguinchor, restent au cœur de la stratégie de désenclavement de la région naturelle de Casamance.
Par ailleurs, Yankhoba Diémé a évoqué plusieurs projets à venir, notamment la route Bignona–Diouloulou, la boucle du Fogny et la réalisation de nouvelles infrastructures sanitaires. Selon lui, ces investissements doivent renforcer durablement les infrastructures et améliorer les conditions de vie des populations.
Le ministre a d’ailleurs résumé sa mission en une formule : « Je déblaye le cheminpour la prochaine visite du Président de la République en Casamance ».
Sécurité et libertés : le rappel des responsabilités de l’État
Au-delà des questions liées au développement économique et aux infrastructures, Yankhoba Diémé a placé la sécurité et la paix au centre de son message.
Le ministre a notamment réaffirmé le droit des citoyens à circuler librement et à exercer leurs libertés fondamentales.
« Chacun est libre de faire ce qu’il doit faire, chacun peut circuler où il veut. En tant que ministre des Forces armées, il est de notre devoir d’assurer la sécurité de tous les citoyens et de permettre à chacun de vaquer librement au nom de la liberté d’opinion et de la liberté de circuler », a-t-il déclaré.
Dans le même temps, il a dénoncé les campagnes de désinformation et de manipulation qui circulent sur les réseaux sociaux. Face à ces pratiques, il a rappelé que les forces de défense et de sécurité doivent exercer leur mission dans le respect des citoyens et des principes républicains.
« La force qui nous est donnée n’est pas pour l’exercer sur les populations, mais pour organiser l’État et garantir la liberté de chacun. La liberté de chaque citoyen s’arrête là où commence celle de l’autre », a-t-il insisté.
Le ministre rappelle la responsabilité du pouvoir
Yankhoba Diémé a également profité de cette tournée pour s’adresser à la classe politique. Il a ainsi mis l’accent sur la responsabilité qui incombe à ceux qui exercent le pouvoir.
« Quand on gouverne, on est responsable de tout, de toutes les façons. Et quand on s’oppose, on n’est responsable de rien, en aucune façon », a-t-il lancé.
À travers cette déclaration, le ministre entend rappeler que l’exercice du pouvoir implique une obligation de responsabilité, alors que l’opposition conserve son rôle de vigilance et de critique dans le fonctionnement démocratique.
« Je ferai tout pour la Casamance »
Au terme de cette première journée, Yankhoba Diémé a affiché sa confiance quant à la mobilisation des populations et à la poursuite du dialogue avec les différentes composantes de la société casamançaise.
Dans un contexte marqué par les rumeurs et les interrogations sur la situation sécuritaire, le ministre a surtout voulu privilégier l’apaisement et la concertation.
Il a ainsi conclu son message par une déclaration qui résume son attachement à cette partie du pays :
« Je ne connais que la Casamance, je n’ai que la Casamance, et je ferai tout pour la Casamance parce que c’est ma part de contribution au Sénégal ».
Cette première étape de la tournée constitue donc, pour le ministre des Forces armées, un préalable à la prochaine visite du président de la République en Casamance. Elle vise à consolider le dialogue avec les autorités locales, à rassurer les populations et à préparer le terrain pour la poursuite des projets de développement dans le Sud du pays.

