Vers une couverture maladie réellement universelle

Tomber malade sans devoir s’interroger sur sa capacité à financer les soins. C’est l’ambition portée par le futur système national intégré de couverture du risque maladie au Sénégal.

Les autorités travaillent à la mise en place d’un dispositif destiné à garantir à chaque citoyen un socle de soins essentiels, indépendamment de son niveau de revenu ou de son statut social.

Un atelier technique consacré à ce chantier s’est tenu mercredi 2 septembre 2026 à Dakar. La rencontre a été organisée à l’initiative du ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, avec l’appui de l’Organisation internationale du travail et du Groupe de la Banque mondiale. Les échanges ont porté sur plusieurs axes majeurs, notamment la conception d’un système d’information intégré, les projections financières et la définition d’un paquet de soins de base.

Intégrer davantage les travailleurs du secteur informel

Pour Amadou Diaw, directeur de cabinet du ministère, le futur dispositif devra dépasser les limites des mécanismes classiques de sécurité sociale. Ces systèmes bénéficient principalement aux travailleurs du secteur formel. Le défi consiste désormais à construire une couverture véritablement universelle. L’ambition affichée est notamment d’intégrer davantage les populations évoluant dans le secteur informel, qui représentent une part importante de la population active sénégalaise. L’objectif reste clair : permettre au plus grand nombre d’accéder à une protection contre les risques financiers liés à la maladie.

Un panier de soins commun pour tous

Le futur système devra également harmoniser les différents mécanismes de protection sociale existants. Les mutuelles de santé et les organisations professionnelles font notamment partie des structures concernées par cette réforme. L’enjeu principal consiste à mettre en place un panier de soins commun, garanti par l’État et accessible de manière équitable sur l’ensemble du territoire national. Cette harmonisation devrait permettre de réduire les disparités dans l’accès aux structures sanitaires. Elle vise également à assurer une meilleure cohérence entre les différents dispositifs de couverture maladie.

Le défi de la soutenabilité financière

La réussite de cette réforme dépendra toutefois largement de sa capacité à assurer un financement durable. Pour les autorités et les experts impliqués dans le processus, le futur dispositif devra être « viable, soutenable et durable ». Le principal défi sera donc de trouver un équilibre entre l’élargissement progressif de la couverture et la mobilisation des ressources nécessaires au financement des prestations médicales. Cette question constitue l’un des principaux chantiers techniques du futur système national intégré.

Un parcours de soins davantage connecté

Les travaux portent également sur l’interopérabilité des plateformes numériques et l’amélioration des circuits de référencement médical. L’objectif est de faciliter la circulation des informations et d’améliorer la coordination entre les différentes structures de santé. À terme, les autorités souhaitent proposer aux usagers un parcours de soins plus fluide, transparent et interconnecté, quelle que soit la structure sanitaire fréquentée.

Réduire les dépenses directes des ménages

Le chantier institutionnel est désormais engagé. Sa réussite sera toutefois évaluée à travers ses effets concrets sur les populations. Le futur système devra notamment contribuer à démocratiser l’accès à des soins de qualité et à mieux protéger les ménages contre les conséquences financières de la maladie. À travers cette réforme, le Sénégal ambitionne également de réduire les dépenses directes supportées par les populations pour se soigner. L’objectif final reste de construire une couverture maladie plus équitable, accessible et durable, afin de rapprocher davantage le pays de l’ambition d’une protection sanitaire universelle.

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