En Tunisie, la justice a prolongé de quatre mois la détention provisoire de quatre militants pro-palestiniens ayant participé à la Global Sumud Flotilla en 2025. Le juge d’instruction du pôle judiciaire économique et financier a pris cette décision vendredi 11 septembre. Incarcérés depuis mars 2026, les quatre hommes sont soupçonnés de blanchiment d’argent et de détournement de fonds issus de dons. Parmi eux, Wael Naouar observe une grève de la faim depuis le 16 août et son état de santé inquiète fortement ses proches.

Une nouvelle prolongation de la détention

Le juge d’instruction du pôle judiciaire économique et financier a décidé, vendredi 11 septembre, de prolonger de quatre mois la détention provisoire de Wael Naouar, Ghassen Henchiri, Ghassen Boughdiri et Nabil Chennoufi.

Les quatre militants, emprisonnés depuis mars 2026, font l’objet de poursuites pour blanchiment d’argent et détournement de fonds provenant de dons collectés dans le cadre de la campagne humanitaire liée à la flottille pour Gaza.

De leur côté, leurs avocats disent avoir peu d’espoir avant cette nouvelle audience. Selon le comité de défense, les autorités retiennent contre eux des chefs d’accusation fréquemment utilisés dans des affaires considérées comme « politiques ».

L’avocat Rafed Rabbeh établit notamment un parallèle avec d’autres procédures visant des opposants politiques, des militants de la société civile et des journalistes, dont certains font également face à des accusations de blanchiment d’argent.

Des militants devenus gênants pour le pouvoir

Selon la défense, les quatre hommes auraient attiré l’attention des autorités après le succès populaire de la première flottille internationale partie, en partie, des ports tunisiens pour tenter de briser le blocus imposé à Gaza.

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Un an plus tard, alors que les militants s’apprêtaient à participer à une nouvelle flottille, des campagnes de dénigrement les ont visés sur les réseaux sociaux. Les autorités les ont ensuite arrêtés avec trois autres membres du mouvement.

La justice a depuis remis ces trois derniers en liberté, mais elle les maintient sous enquête. Elle les soupçonne notamment de « falsification, détention et usage de documents falsifiés », en particulier dans la comptabilité et la gestion des dons collectés pendant la campagne humanitaire.

La santé de Wael Naouar inquiète ses proches

Cette nouvelle prolongation intervient surtout dans un contexte de forte inquiétude autour de l’état de santé de Wael Naouar.

Le militant observe une grève de la faim depuis le 16 août. Il réclame sa libération ainsi que la fin de ce qu’il qualifie d’« injustice ». Selon ses proches, son état de santé s’est fortement détérioré depuis le début de son mouvement.

Ses trois codétenus ont, à leur tour, entamé une grève de la faim le 10 septembre pour protester contre leur maintien en détention.

Une affaire qui divise la société civile

Pour plusieurs acteurs de la société civile tunisienne, cette procédure illustre le décalage entre le soutien officiel des autorités à la cause palestinienne et le traitement réservé, dans le pays, aux militants engagés en faveur de cette cause.

La défense dénonce ainsi une répression qui toucherait également des opposants politiques, des journalistes et des organisations de la société civile.

En Tunisie, la loi permet à la justice de maintenir une personne en détention provisoire pendant une durée pouvant atteindre quatorze mois. La prolongation de la détention des quatre militants intervient donc alors que leurs avocats et leurs familles continuent de réclamer leur remise en liberté et alertent sur les conséquences de leur incarcération, notamment pour Wael Naouar.

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