À l’approche du déplacement de Bassirou Diomaye Faye à Washington, Abdourahmane Sarr appelle l’Exécutif et l’Assemblée nationale à clarifier la stratégie du Sénégal face au FMI.

Abdourahmane Sarr demande des clarifications sur la dette

L’ancien ministre de l’Économie estime que les déclarations du FMI nécessitent des précisions. Il réagit notamment aux propos de la directrice de la communication de l’institution.

Selon Abdourahmane Sarr, le FMI évoque la nécessité de restaurer la soutenabilité des finances publiques. Toutefois, cette formulation ne signifie pas automatiquement que la dette sénégalaise serait insoutenable.

« Cela, bien que lié à la question de la dette, ne signifie pas nécessairement que celle-ci est insoutenable », souligne-t-il.

L’ancien ministre rappelle aussi que le FMI évoque un besoin de financement. Ce besoin devrait notamment intégrer une contribution des créanciers.

Cependant, le Fonds précise que le Sénégal et ses créanciers choisiront le traitement de la dette. Abdourahmane Sarr insiste également sur la réforme en cours du cadre d’analyse de la dette.

Il conteste la nécessité d’une restructuration immédiate

Abdourahmane Sarr relève une contradiction dans l’approche actuelle. Il rappelle que le FMI avait associé le recours au Cadre commun à la restauration de la soutenabilité de la dette.

Or, l’entrée dans ce mécanisme implique une restructuration de la dette. L’ancien ministre demande donc aux autorités de clarifier la démarche envisagée.

« Le FMI ne peut pas imposer une restructuration à un pays », affirme-t-il. Il estime aussi qu’un programme du Fonds ne peut reposer sur une dette jugée non viable.

Dans son analyse, le cadre actuel applicable aux pays à faible revenu ne correspondrait plus au Sénégal. Il considère que le pays dispose désormais d’un accès aux marchés.

Selon son rapport de mars 2026, la dette sénégalaise resterait ainsi viable avec un cadre adapté.

Abdourahmane Sarr alerte sur les effets d’une restructuration

L’ancien ministre estime que le Sénégal doit éviter toute décision prématurée. Il demande d’abord une démonstration technique de la nécessité d’une restructuration.

Selon lui, les annonces liées à cette perspective ont déjà affecté la perception du Sénégal. Elles auraient également pesé sur les marchés et les agences de notation.

Abdourahmane Sarr préconise donc la poursuite du financement sur le marché régional. Il rappelle que ce marché a déjà couvert une part importante des besoins du Sénégal.

Il appelle ainsi les autorités à maintenir les plans de financement prévus entre septembre et décembre.

Il préconise de poursuivre les ajustements budgétaires

L’ancien ministre propose aussi de poursuivre les ajustements budgétaires nécessaires. Il encourage parallèlement la mobilisation des financements concessionnels disponibles.

Pour lui, l’État doit éviter d’accroître artificiellement ses besoins de financement. Une telle situation pourrait ensuite servir d’argument en faveur d’une restructuration.

Abdourahmane Sarr demande également de prendre en compte les arriérés intérieurs. Il estime que cet élément doit intégrer la stratégie globale de gestion des finances publiques.

Diomaye Faye et Ousmane Sonko appelés à dégager une ligne commune

Au-delà de la dette, Abdourahmane Sarr pose la question de la souveraineté financière. Il élargit également cette réflexion à l’espace UEMOA.

« Le Sénégal ne devrait pas devenir le cas test » d’un passage du refinancement régional à une restructuration dans le Cadre commun, avertit-il.

L’ancien ministre appelle donc l’Exécutif et l’Assemblée nationale à se concerter. Il souhaite notamment une position commune entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko.

Selon lui, une telle décision pourrait produire des effets durables sur les finances du pays. Il invite ainsi les autorités à préserver les marges de manœuvre financières du Sénégal.

Abdourahmane Sarr défend enfin le renforcement du marché régional. Il souhaite aussi une réforme du régime monétaire pour consolider la souveraineté financière.

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