En Centrafrique, le Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC) porte un regard sévère sur les six premiers mois du nouveau mandat de Faustin-Archange Touadéra. La plateforme d’opposition dénonce notamment le manque de services sociaux de base, les faibles perspectives économiques et le non-respect, selon elle, de certaines décisions du Conseil constitutionnel.

Le BRDC dénonce les difficultés économiques et sociales

Lors d’une conférence de presse tenue vendredi 11 septembre, le porte-parole du BRDC, Martin Ziguélé, a vivement critiqué l’action du gouvernement.

Selon l’opposant, les autorités ne parviennent pas à répondre aux difficultés auxquelles les Centrafricains font face au quotidien. Le BRDC pointe notamment l’insuffisance des services sociaux de base et le manque d’opportunités économiques.

Par ailleurs, la plateforme d’opposition s’interroge sur les retombées financières de l’exploitation des ressources minières, notamment de l’or.

Le BRDC interpelle le gouvernement sur les revenus de l’or

Martin Ziguélé a notamment demandé des explications au gouvernement sur les recettes fiscales générées par l’exploitation aurifère.

Selon lui, le secteur minier aurait connu une forte croissance en 2025 et 2026, avec l’attribution de plus d’une centaine de permis miniers et le développement de plusieurs exploitations.

Le porte-parole du BRDC estime que la valeur annuelle des exportations d’or centrafricain pourrait dépasser 300 milliards de francs CFA. Il s’étonne toutefois que les recettes fiscales et douanières tirées de ce secteur restent inférieures à 5 milliards de francs CFA, selon les chiffres qu’il avance.

Face à cet écart, Martin Ziguélé demande au président Touadéra et à son gouvernement de clarifier la situation et d’expliquer aux Centrafricains comment l’État répartit les revenus issus de l’exploitation de l’or.

Des interrogations sur la mine de Ndassima

Le porte-parole du BRDC s’est également attardé sur le cas du gisement d’or de Ndassima.

La plateforme d’opposition demande notamment aux autorités d’identifier clairement l’exploitant de cette mine et de rendre publiques les informations relatives à son cadre légal et réglementaire.

Le BRDC souhaite également connaître le rendement fiscal de Ndassima ainsi que les recettes effectivement reversées au Trésor public centrafricain.

Touadéra défend un bilan positif

Face aux critiques de l’opposition, Faustin-Archange Touadéra présente une tout autre lecture de son bilan.

Dans une déclaration prononcée le 13 août, à l’occasion de la célébration de l’indépendance de la Centrafrique, le chef de l’État a mis en avant les progrès réalisés depuis son arrivée au pouvoir en 2016.

Il a notamment cité les avancées enregistrées dans les secteurs de la sécurité, de la santé, de l’énergie et de l’éducation.

Toutefois, le gouvernement reconnaît lui-même que le pays doit encore relever de nombreux défis. Cette reconnaissance nourrit ainsi le débat entre le pouvoir et l’opposition sur les résultats des premiers mois du nouveau mandat présidentiel.

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