Dans son ouvrage Souveraineté monétaire pour un développement endogène et durable, l’enseignant-chercheur Babo Amadou Ba propose une monnaie nationale sénégalaise baptisée Kopar. À travers cette proposition, il relance le débat sur le franc CFA et les conditions d’une souveraineté monétaire au Sénégal.

Le débat sur l’avenir du franc CFA revient au premier plan avec la publication d’un nouvel ouvrage consacré à la souveraineté monétaire. Intitulé Souveraineté monétaire pour un développement endogène et durable, le livre de Babo Amadou Ba a été dédicacé devant des responsables politiques, des économistes, des universitaires et des proches de l’auteur.

Publié aux Éditions L’Harmattan Sénégal, cet ouvrage de 370 pages défend l’idée d’une monnaie de souveraineté pour le Sénégal. Docteur en sciences de gestion à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, Babo Amadou Ba y développe une analyse critique du franc CFA et de son évolution historique.

Selon l’auteur, le système monétaire actuel sert les intérêts de la France et de ses multinationales. Il estime que la monnaie ne constitue pas un simple instrument économique, mais aussi un levier de décision politique et de souveraineté. À ses yeux, un État doit maîtriser sa politique monétaire pour orienter son développement et contrôler ses ressources stratégiques.

Kopar, une proposition de monnaie nationale

Dans son ouvrage, Babo Amadou Ba propose Kopar comme monnaie nationale sénégalaise. Il fonde cette proposition sur une analyse de l’histoire du franc CFA et de ses différentes réformes.

Pour l’enseignant-chercheur, la souveraineté monétaire doit permettre au Sénégal de mieux maîtriser ses choix économiques et politiques. Il présente ainsi Kopar comme un instrument susceptible de soutenir un développement endogène et durable.

Le projet prévoit notamment une banque centrale indépendante et des mécanismes destinés à garantir la crédibilité de la future monnaie. L’auteur mobilise l’histoire monétaire, l’économie postkeynésienne et l’ingénierie institutionnelle pour examiner les conditions de sa mise en œuvre.

Ndongo Samba Sylla critique l’héritage monétaire colonial

Préfacier de l’ouvrage, l’économiste Ndongo Samba Sylla revient sur les origines historiques des institutions monétaires ouest-africaines. Il évoque notamment la création de la Banque du Sénégal en 1853 et affirme que son capital reposait sur des titres liés à l’esclavage.

Selon son analyse, cette institution, considérée comme un ancêtre de la BCEAO, s’inscrit dans une histoire de contrôle monétaire au profit des intérêts français. L’économiste critique également les limites de l’approche conventionnelle de l’économie dans l’analyse des mécanismes monétaires. Il considère que les économistes hétérodoxes disposent d’outils plus adaptés pour les étudier.

Concernant le projet de monnaie commune Eco, Ndongo Samba Sylla estime qu’il ne représenterait pas une véritable rupture avec le système actuel. Cette appréciation s’inscrit dans sa critique plus large des conditions de la souveraineté monétaire en Afrique de l’Ouest.

Un débat sur les conditions de la souveraineté économique

Au-delà de la proposition Kopar, l’ouvrage pose la question des conditions institutionnelles, économiques et politiques nécessaires à une monnaie nationale crédible.

Babo Amadou Ba entend ainsi alimenter la réflexion sur le rôle de la monnaie dans le développement du Sénégal et, plus largement, de l’Afrique. Son projet remet au centre du débat les enjeux d’autonomie monétaire, de stabilité financière et de maîtrise des politiques économiques.

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