La reprise des combats entre les Houthis et les forces loyalistes soutenues par l’Arabie saoudite provoque une nouvelle vague de déplacements au Yémen. Au moins 130 000 personnes ont déjà fui les violences depuis le début du mois, et le nombre de déplacés pourrait atteindre 230 000 dans les prochains mois, alerte le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
Plus de 130 000 personnes déjà déplacées
Les combats qui secouent à nouveau le Yémen ont déjà fait au moins 154 morts ces derniers jours et contraint des dizaines de milliers de personnes à abandonner leur domicile. Selon le HCR, environ 130 000 Yéménites ont déjà été déplacés depuis le début du mois.
Cette nouvelle vague intervient alors que le pays compte déjà plus de 5 millions de déplacés internes, conséquence de plus d’une décennie de conflit. Pour de nombreuses familles, il s’agit d’un nouvel exode après plusieurs déplacements successifs.
Selon Babar Baloch, porte-parole du HCR, environ 70 % des nouveaux déplacés sont des femmes et des enfants. Certaines mères interrogées par l’organisation expliquent avoir dû fuir pour la quatrième fois avec leurs enfants.
Des familles contraintes de fuir à nouveau
La majorité des personnes actuellement sur les routes vivaient déjà dans des campements informels et bénéficiaient d’une aide humanitaire.
Thomas Janny, directeur Moyen-Orient de Solidarités International, souligne que ces populations tentaient de reconstruire une vie relativement stable avant la reprise des hostilités. La nouvelle offensive les contraint une nouvelle fois à partir, alors que leurs besoins humanitaires restent importants.
Le HCR redoute désormais une aggravation rapide de la situation si les combats se poursuivent. L’organisation estime que 230 000 personnes pourraient avoir besoin d’une assistance humanitaire au Yémen dans les prochains mois, tandis qu’environ 10 000 autres pourraient chercher refuge à Djibouti.
Des départs vers Djibouti et les pays voisins
La reprise des déplacements ne se limite pas aux frontières yéménites. Des milliers de personnes ont déjà traversé la mer Rouge en direction de Djibouti et d’autres pays de la région.
Le HCR indique qu’environ 3 000 réfugiés sont déjà arrivés à Djibouti, certains ayant effectué la traversée dans des conditions maritimes difficiles. L’organisation anticipe de nouvelles arrivées lorsque les conditions en mer seront plus favorables.
Cette situation fait craindre une pression supplémentaire sur les capacités d’accueil et d’assistance des pays voisins.
L’aide humanitaire sous-financée
Face à l’ampleur des besoins, les organisations humanitaires doivent également composer avec un manque important de financements. Le HCR indique avoir reçu moins de 20 % des fonds nécessaires à ses opérations au Yémen en 2026.
Le pays figure parmi les États comptant le plus grand nombre de personnes déplacées internes dans le monde. La multiplication des nouveaux déplacements intervient donc dans un contexte humanitaire déjà extrêmement fragile.
L’accès à l’eau, une urgence majeure
Parmi les besoins les plus urgents figure l’accès à l’eau. Le problème, déjà ancien au Yémen, s’est aggravé avec les années de conflit et touche particulièrement les populations déplacées.
L’eau est indispensable pour la consommation, l’hygiène et la préparation des repas. Or, l’installation de nouveaux campements informels complique encore davantage l’accès aux services essentiels.
Les organisations humanitaires doivent également répondre aux besoins en abris, nourriture et soins sanitaires. La situation sanitaire suscite une vigilance particulière, alors qu’un début d’épidémie de choléra avait déjà été signalé avant la reprise des combats.
Avec la poursuite des affrontements, le HCR redoute ainsi une nouvelle aggravation de la crise humanitaire et une augmentation rapide du nombre de personnes contraintes de fuir leur domicile.
