À moins d’un mois de l’ouverture des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026, les Forces de défense et de sécurité (FDS) ont achevé leur ultime exercice de certification. Baptisé « CERTEX », ce test grandeur nature devait permettre d’évaluer la capacité du dispositif national à répondre à une situation de crise majeure pendant la compétition.

Une prise d’otages simulée pour tester le dispositif

Organisé les 6 et 7 octobre dans un complexe hôtelier de Dakar, l’exercice a reposé sur un scénario de prise d’otages multiple à la suite d’une infiltration terroriste fictive.

Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Makhtar Cissé, a présidé les opérations. Plusieurs membres du gouvernement, des chefs militaires, des représentants du corps diplomatique ainsi que des responsables du Comité international olympique (CIO) ont suivi l’exercice en temps réel.

La simulation a mobilisé l’ensemble de la chaîne opérationnelle, du Centre de coordination des opérations (CCO) aux unités spécialisées déployées sur le terrain.

La Brigade d’intervention de la Police (BIP), le Groupement d’intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN), les Forces spéciales des armées et la Brigade nationale des sapeurs-pompiers ont notamment testé leurs capacités de neutralisation, de négociation et de prise en charge des victimes.

14 600 personnels mobilisés à Dakar, Diamniadio et Saly

Le Comité national de coordination de la sécurité des JOJ (CNS-JOJ) voulait mesurer la réactivité du dispositif face aux risques susceptibles de toucher une compétition internationale qui réunira près de 2 700 athlètes issus de 151 pays.

Pour assurer la sécurité des sites et des compétitions à Dakar, Diamniadio et Saly, les autorités prévoient la mobilisation de 14 600 personnels issus des forces de défense et de sécurité, des services de secours, des administrations et des collectivités territoriales.

« Signe de l’importance et de la centralité de la prise en charge sécuritaire de cet événement majeur, ce sont au total 14 600 personnels des forces de défense et de sécurité, des services de secours, des administrations et des collectivités territoriales qui sont mobilisés », a indiqué Mouhamadou Makhtar Cissé.

Des points à améliorer malgré un dispositif jugé opérationnel

Après quinze mois de préparation, le ministre de l’Intérieur estime que le dispositif national a franchi avec succès cette dernière étape.

« Sur la base des appréciations des évaluateurs, je peux vous l’affirmer : le dispositif national de sécurité des Jeux est opérationnel », a-t-il déclaré.

Mouhamadou Makhtar Cissé reconnaît toutefois que l’exercice a révélé certaines marges de progression. Les évaluateurs ont notamment relevé des améliorations à apporter dans la transmission entre les postes de commandement et dans la coordination des flux et des différents sites.

« Ces points ont été identifiés, ils seront corrigés », a assuré le ministre.

Une coordination renforcée avec les partenaires internationaux

Le dispositif repose également sur une coopération étroite entre les différents corps militaires et paramilitaires. Les autorités sénégalaises bénéficient, en outre, d’un appui technique de plusieurs partenaires internationaux, notamment la France, l’Espagne, les États-Unis, Interpol, les Nations unies et la Chine.

Le commissaire de police divisionnaire Mouhamadou Tine, chef du poste de commandement opérationnel de Dakar, a détaillé la stratégie retenue par les forces de sécurité.

« Face à cet environnement, le dispositif national adopte une posture de dissuasion, de réactivité et de réversibilité. L’effort porte sur le renseignement, l’anticipation et la coordination permanente », a-t-il expliqué.

Le Sénégal veut concilier sécurité et « Teranga »

Pour Mouhamadou Makhtar Cissé, la réussite du dispositif dépendra aussi de la capacité des différents services à travailler de manière coordonnée.

« Quand on a l’habitude de dire que « l’union fait la force », la formule s’habille ici de toute sa profondeur et sa vérité », a souligné le ministre.

À partir du 31 octobre 2026, le Sénégal accueillera les premiers Jeux Olympiques de la Jeunesse organisés en Afrique. Avec le CERTEX, les autorités veulent ainsi démontrer que le pays dispose d’un dispositif capable d’assurer la sécurité des athlètes, des délégations et des visiteurs, tout en préservant l’image d’hospitalité associée à la « Teranga ».

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